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Rentrée économique : les chambres consulaires alsaciennes interpellent les candidats aux municipales
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Rentrée économique : les chambres consulaires alsaciennes interpellent les candidats aux municipales

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Dans un contexte économique fragile, la CCI, la Chambre de Métiers et d’Artisanat et la Chambre d’Agriculture d’Alsace publient dix propositions pour replacer l’économie au cœur des programmes municipaux de 2026.

Conférence de presse de rentrée des chambres consulaires alsaciennes avec Didier Braun, 1er vice-président de la Chambre d’Agriculture Alsace, Christian Geissmann, trésorier de la CCI Alsace Eurométropole et Jean-Luc Hoffmann, président de la Chambre de Métiers d’Alsace au Club de la Presse Strasbourg Europe — Photo : MD

Selon le dernier baromètre interconsulaire, seule une entreprise alsacienne sur trois juge son chiffre d’affaires satisfaisant en ce milieu d’année 2025. La rentabilité reste préoccupante : près de 80 % des dirigeants estiment leurs marges insuffisantes. Le commerce souffre particulièrement (27 % de commerçants satisfaits de leur CA, 16 % de leur rentabilité), quand la construction affiche des carnets de commandes mieux garnis. Globalement, "l’Alsace économique résiste, mais avance sur un fil", résume Christian Geissmann, trésorier de la CCI Alsace Eurométropole.

Les freins identifiés sont récurrents : instabilité réglementaire et fiscale, inflation persistante, coût du crédit, complexité administrative. Trois quarts des entreprises jugent les incertitudes politiques comme un frein majeur à l’investissement.

Dix priorités pour les communes

Face à ce constat, les chambres consulaires ont choisi la rentrée pour présenter dix propositions destinées aux candidats aux municipales de 2026. Objectif : placer le développement économique local au cœur des projets municipaux.

Les priorités couvrent la création et la transmission d’entreprises, la transition écologique (diagnostics énergétiques, accompagnement à la décarbonation), la revitalisation des centres-villes, la valorisation des savoir-faire locaux et l’intégration des circuits courts dans la restauration collective.

Les chambres insistent aussi sur la nécessité de préserver du foncier économique, d’accompagner les transitions numériques et RSE, et de créer davantage de passerelles entre citoyens, jeunes et monde agricole.

Associer les entreprises aux décisions locales

Parmi ces propositions, la demande de concertation revient avec insistance. Les représentants consulaires plaident pour la mise en place, dans chaque commune ou intercommunalité, d’instances consultatives réunissant élus et acteurs économiques. "Trop de décisions en matière de mobilité, de stationnement ou de fiscalité locale sont prises sans dialogue préalable, alors qu’elles ont des impacts directs sur la compétitivité des commerces et services", regrette Christian Geissmann.

L’artisanat en première ligne

Le tissu artisanal, qui rassemble plusieurs dizaines de milliers d’entreprises en Alsace, illustre ces tensions. Jean-Luc Hoffmann, président de la Chambre de Métiers et d’Artisanat (CMA), alerte sur la baisse des carnets de commandes dans le bâtiment, la crise des services de proximité (coiffure, alimentation), et les difficultés de recrutement. Il pointe aussi la fin de l’ARENH en 2026, qui pourrait alourdir la facture énergétique des artisans.

Dans ce contexte, la formation demeure un enjeu central : la CMA forme chaque année près de 2 000 apprentis et autant de stagiaires. Or, les crédits alloués à l’apprentissage pourraient baisser de plus d’un milliard d’euros à l’horizon 2026.

Pour les chambres consulaires, le message est clair : "il n’y a pas de commune attractive sans entreprises créatrices d’emplois, de richesse et de lien social". Les élections municipales sont vues comme une opportunité d’ancrer cette conviction dans les politiques locales.

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