Tout d’abord, comment vous étiez-vous retrouvé dans le catalogue de l’UEFA, afin de devenir l’un des « camps de base » d’une sélection durant l’Euro 2106 ?
Ce sont des agences qui ont fait des pré-sélections. A l’automne 2011, lorsque le Stade Rennais avait joué l’Europa League, nous avions reçu l’Atletico Madrid et le Cetic Glasgow. Nous avions été référencés par le voyagiste Kuoni (partenaire de l’UEFA, Ndlr). Cela avait été un vrai plus. Et, comme nous avons fait un terrain de football sur le site, cela rend possible un décrassage directement ici. Nous ne l’avons pas fait seulement pour recevoir des équipes pour l’Euro, mais pour en accueillir avant les matchs de Ligue1 également. Ça faisait partie de nos atouts… Notre outil convenait parfaitement.
Malgré cela et des touches avec plusieurs sélections, vous n’accueillerez aucune équipe pour l’Euro et allez connaître une perte sèche en chiffres d’affaires assez conséquente…
Oui, cela représentait 320.000€. Pour le Domaine de Cicé-Blossac, en terme de notoriété, c’était un événement d’exception ! C’est moche (sic)… Surtout il y a le chiffre d’affaires qu’il faut retrouver et aussi le côté notoriété. C’est, bien sûr, très préjudiciable. Le bon côté, c’est que notre établissement convenait parfaitement à la délégation croate. Nous avons eu plusieurs équipes qui ont visité le site comme l’Italie et l’Irlande. L’Italie voulait privatiser totalement l’établissement, ce qui n’était pas possible pour nous. Avec les Croates, on avait trouvé un bon accord. Hélas, le Stade Rennais a changé de position en cours de route, parce que, comme me l’a expliqué son président René Ruello, ils voulaient refaire leur terrain d’entraînement. Nous, on s’est retrouvé piégé. On a essayé de passer avec les terrains de divisions inférieures, avec le soutien de M. Ruello notamment à Chartres-de-Bretagne et Bruz. Mais on comprend les Croates qui voulaient un centre d’entraînement comme une équipe de Ligue 1. Il y a un peu d’amertume parce que ça semblait possible et, même si je comprends : le Stade Rennais a ses contraintes, reste libre de ses équipements et légitimement, fait ses choix. Localement, c’est dommage. Même si la Croatie n’est pas une équipe de premier rang sur le papier, il y a de beaux joueurs, comme Modric et d’autres. C’est la vie…
Comment compenser alors une telle perte sèche ?
Juin reste un mois où l’on travaille bien. Nous allons faire du chiffre d'affaires normal, mais ce sera moins valorisé. On ne va pas compenser ces 320.000€ et surtout l’image, sur le long terme, que cela apportait au Domaine. Nous ne l'aurons pas et ceci n’est pas mesurable… Ça donnait une vraie notoriété pour l’établissement. Et je pense de même pour la région de Rennes d’avoir une équipe stationnée ici. Il y aurait eu un resplendissement sur le Stade Rennais et le Domaine de Cicé. Hélas, le Stade Rennais reste maître de ses installations et a un programme de rénovation. On va essayer de valoriser deux événements forts en juin : la tenue des matchs de l’équipe de France féminine (le 3 juin) et les demi-finales du Top 14 (les 18 et 19 juin). Tout cela est, de fait, toujours bon pour nous. On aura d’ailleurs notre Espace bien-être qui sera disponible fin mai pour accueillir des sportifs notamment. Nous avons plein d’atouts ! On est en relation aujourd’hui avec des formations du Top 14, mais aucune position n’a été prise. Ce sont des prises d’informations et nous, nous démarchons.
Vous parlez d’amertume, quels sont vos rapports avec le Stade Rennais aujourd’hui ?
Oui, il y a de l’amertume. Mais on travaille avec eux depuis des années. Ils sont quand même, je ne peux le dire autrement, libres de leurs équipements. Je suis naturellement déçu, mais ça ne changera pas mes relations, qui sont saines, avec le club. Actuellement, Roland Courbis, l’entraîneur et son adjoint, M. Bayle, sont chez nous et sont très satisfaits. Ils aiment la tranquillité du domaine, ça correspond bien à ce qu’ils cherchaient. Aujourd’hui, le Stade Rennais est un partenaire. Souvent, en début de saison, leurs nouveaux joueurs sont chez nous. On ne peut pas se plaindre. C’est dommage, là, qu’il n’ait pas pu répondre et qu’il y ait eu ce besoin qui s’exprimait tardivement de refaire leurs terrains. Autrement, ça aurait été une nouvelle belle marque du partenariat. On ne se froisse pas avec un partenaire parce que quelque chose ne fonctionne pas. Il n’y a eu aucune tension.
EXCLUSIF Sans chercher à polémiquer, Yves Cardinal, P-dg du groupe de BTP Cardinal Edifice (620 salariés, 130 M€ de CA) et propriétaire du Domaine de Cicé-Blossac, est « déçu » que le Stade Rennais n’ait pu être un allié dans la venue de la Croatie au sein de l’établissement breton, à Bruz (35), durant l’Euro 2016. La perte sèche en chiffre d’affaires est de 320.000€ !