Rémy Beroud : Il exploite les venins avec Smartox
# Industrie # Création d'entreprise

Rémy Beroud : Il exploite les venins avec Smartox

Biotechs. La start-up Smartox, basée à Saint-Martin-d'Hères, produit et vend des molécules présentes dans les venins pour des utilisations pharmaceutiques.

Le créateur Rémy Beroud, 28 ans, est titulaire d'un master en biotechnologies et d'un master de gestion de l'innovation obtenu à Grenoble école de management. Il a travaillé cinq ans chez Floralis, institut de valorisation, en tant que business développeur et chargé d'affaires. Il est accompagné de quatre actionnaires : Michel de Waard, directeur scientifique qui est à l'origine des bases scientifiques de Smartox ; Aurélien Claeyssen, responsable commercial et marketing ; Éric Larrey, conseiller ; et Floralis.




L'activité

Smartox a deux activités. La première est de la recherche dans les venins de peptides (petites molécules) naturelles. On dénombrerait plus de 170.000 espèces venimeuses à travers le monde ; chaque venin contenant plusieurs centaines de peptides, il existerait plus de 40 millions de molécules dont seulement 4.000 sont connues à ce jour. « Chaque peptide a une action ciblée précise, assure Rémy Beroud. Notre rôle consiste à identifier le nombre de peptides présents dans un venin et à les fractionner en petits paquets. Nous les confions à nos partenaires, le CHRU de Brest, l'université de Brest et celle de Poitiers, qui vérifient si dans chaque paquet des molécules réagissent. Quand c'est le cas, Smartox identifie précisément la molécule active. De là, nous basculons sur notre deuxième activité. » Celle-ci consiste à produire des peptides chimiques purifiés à partir de celles naturelles contenues dans les venins. Ces peptides sont destinés aux laboratoires de recherche qui les étudient comme sources potentielles de médicaments contre les douleurs, les cancers, les diabètes, les maladies cardiovasculaires, etc.




La société

Smartox est une SAS dotée de 100.000 euros de capital ; elle compte quatre salariés, deux stagiaires et deux embauches sont en cours. Créée le mois dernier, elle a d'abord maturé chez Floralis avant d'être incubée chez Grain. Lauréate du Réseau entreprendre Isère, elle bénéficie d'un prêt d'honneur de 81.000 euros. Disposant d'ores et déjà d'un catalogue de plus de 50 peptides chimiques, Smartox a enregistré ses premières ventes pour un total de 100.000 euros.




Les objectifs

Smartox prévoit de réaliser 75 % de son chiffre d'affaires à l'export auprès des laboratoires de recherche académiques et industriels. Rémy Beroud vise une douzaine de salariés et table sur un chiffre d'affaires de 800.000 euros en 2016 grâce à « un processus optimisé pour aller plus vite dans la caractérisation des peptides. Nous travaillons sur des animaux dont la caractéristique biologique n'est pas connue... » Il est en recherche de financements publics de type Oséo, ANR ou FUI, et de fonds privés pour assurer son amorçage. Il estime à 500.000 euros les besoins de la première levée de fonds, effective courant 2014 ou 2015. Smartox se positionne sur « un marché très jeune car les technologies sont récentes. Le premier médicament issu d'un venin date de 2005. Nous avons quelques concurrents européens ; mais il existe tellement d'espèces venimeuses qu'il y a de la place pour tous ! »


www.smartox-biotech.com

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