Strasbourg
Remedy veut révolutionner la séparation des terres rares par voie électrochimique
Strasbourg # Deeptech # Innovation

Remedy veut révolutionner la séparation des terres rares par voie électrochimique

S'abonner

Propulsée par la SATT Conectus et le réseau d’incubateurs Quest for Change, la start-up strasbourgeoise Remedy s’apprête à commercialiser sa technologie brevetée de séparation durable des terres rares. Une solution également plus écologique qui doit permettre au Vieux continent de regagner en souveraineté.

L’équipe scientifique de la start-up Remedy avec, de gauche à droite, Peter Dunne, Juan Aguirre et Bernard Doudin — Photo : DR

La France et l’Europe vont-elles regagner en souveraineté dans le domaine stratégique des terres rares face à la Chine, sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis ? C’est le défi que s’est fixé la deeptech strasbourgeoise Remedy, fondée en 2024, avec sa technologie brevetée de séparation durable des terres rares. Après dix ans de recherches sur les forces magnétiques et les liquides menées par un trio scientifique franco-irlandais à l’origine de Remedy, la jeune pousse alsacienne est aujourd’hui en mesure de commercialiser son innovation de rupture qui permet de filtrer et d’extraire par voie électrochimique les terres rares dans les minerais.

Un procédé en phase avec la transition verte

Ceci à partir d’un procédé à base de solutions aqueuses utilisant une approche beaucoup plus écologique et efficace que les méthodes traditionnelles d’extraction par solvants. "Nous pouvons diminuer les impacts environnementaux de façon spectaculaire, avec une réduction de plus de 95 % de consommation d’énergie, d’utilisation d’eau et d’émissions de CO2", explique Peter Dunne, directeur général et cofondateur de Remedy.

"Cette démonstration en laboratoire ouvre la voie à une industrie des terres rares compétitive pour l’Europe"

"Dans une approche combinant des expertises en magnétisme et en chimie, nous tirons parti de fortes différences de propriété magnétiques des éléments de terre rare, là ou leurs similitudes chimiques posaient problème depuis des décennies. Nous sommes convaincus que cette démonstration en laboratoire a un énorme potentiel d’impact sociétal, ouvrant la voie à une industrie des terres rares compétitive pour l’Europe et enfin compatible avec les exigences environnementales du XIXe siècle", soulignent les professeurs, Bernard Doudin, qui enseigne à l’Institut de physique et chimie des matériaux de Strasbourg (IPCMS), et Mike Coey, qui officie au Trinity College de Dublin, qui complètent le trio de scientifiques à l’origine de Remedy.

Un nouveau prototype industriel en développement

Après des premiers tests de traitement sur des échantillons de produits miniers, la mise au point de son procédé compatible avec les installations industrielles conventionnelles et le dépôt du brevet en collaboration avec la SATT (Société d’accélération du transfert de technologies) Conectus, Remedy entend accélérer cette année en développant un nouveau prototype industriel capable de traiter 100 kg par an d’aimants recyclés.

Faisant partie du réseau d’incubateurs Quest for Change et bénéficiant notamment du soutien de Bpifrance, de la Fondation Jean-Marie Lehn et de collectivités territoriales, la deeptech ambitionne également de nouer des partenariats avec les producteurs d’aimants, les spécialistes de l’extraction liquide, les entreprises de recyclage et des universités. Elle a également programmé, toujours pour cette année, le recrutement de quatre nouveaux collaborateurs. D’après le cabinet anglais Persistence Market Research, le marché mondial des métaux et composés des terres rares est aujourd’hui évalué à 3,8 milliards de dollars et devrait croître au rythme de 10 % par an.

Strasbourg # Deeptech # Chimie # Innovation # Start-up
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise REMEDY