Recherche clinique : «La France est en perte de compétitivité»
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Recherche clinique : «La France est en perte de compétitivité»

Bernard Gout, vice-président de BioMedical Alliance, tire la sonnette d'alarme. Les CHU doivent se ressaisir.

« En matière de recherche clinique internationale, les universito-hospitaliers français sont aujourd'hui black-listés, car ils ont la réputation d'être arrogants et d'avoir une administration trop lente », ont récemment déploré plusieurs adhérents de BioMedical Alliance (BMA), l'association des entreprises bio-santé de la région, au cours d'une de leurs réunions. Bernard Gout, vice-président de BMA, parle quant à lui « de négligence plutôt que d'arrogance ». « Ce qu'attend le client, c'est qu'on ne traîne pas la patte, explique-t-il. On vient vous chercher si vous êtes réactif. » Il note cependant que si « la France est en perte de compétitivité, elle marche encore bien ». En effet, la place du pays au niveau international est plutôt bonne. Selon une étude réalisée en 2008 par le LEEM (Les entreprises du médicament), la France participe à plus d'un tiers des études cliniques de phase1 réalisées en Europe, soit 15% dans le monde. Pour les phases 2 et 3, elle participe à plus des trois quarts des études internationales. Dans certains secteurs, le pays est en pointe. En oncologie par exemple, 39% des études mondiales ont été faites en France, contre 25% en 2006. En terme de patients recrutés, l'Hexagone se place en troisième position derrière les pays de l'Est et les États-Unis. Rapporté à la population, il est le deuxième pays recruteur. Pour le vice-président de BMA, « s'il y a des gens qui frappent à notre porte, c'est que nous avons des compétences. Mais l'hôpital ne doit pas se considérer comme le château du grand prince. Dans le cadre mondial, on n'a pas besoin de lui. »




La cancérologie toulousaine en modèle

Au niveau local, Bernard Gout remarque que Toulouse a « de grandes qualités sur certaines thématiques ». Actuellement, le CHU participe à plus de 1.097 projets de recherche clinique, dont 935 en tant que prestataire pour des promoteurs. Parmi ceux-ci, 527 sont des laboratoires pharmaceutiques, 260 d'autres CHU, 95 des fédérations et 53 des associations. En 2009, l'hôpital toulousain a participé à un projet international pour lequel il était le promoteur européen et à quatre projets européens en réponse aux appels de la commission européenne. Pour le vice-président de BMA, certains services sont malheureusement « en compétition » et travaillent « un peu trop repliés sur eux-mêmes » au lieu de jouer en équipe. Néanmoins la cancérologie à Langlade « va révolutionner la recherche clinique » grâce à « une synergie de compétences », alliant public et privé. Elle pourrait, selon lui, servir de modèle pour tous les autres.




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