Raifalsa et Alélor : Le vent en poupe
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Raifalsa et Alélor : Le vent en poupe

À Mietesheim, Raifalsa a doublé sa surface pour internaliser la logistique de sa filiale Alélor. Un investissement de 500.000euros, auquel s'ajoute l'achat d'une ligne de production de moutarde (70.000euros).

Une trentaine d'agriculteurs alsaciens cultivent encore le raifort que Raifalsa transforme depuis 1956 (CA 2007/2008: 700.000€). Depuis 2006, avec le rachat d'Alélor, l'entreprise artisanale s'industrialise peu à peu. Elle travaille pour la GMS, les industriels et les grossistes, dans une proportion différente selon les produits. «L'activité d'Alélor est complémentaire à celle de Raifalsa. Les produits Alélor doivent nous permettre d'aider à faire mieux connaître le raifort au-delà de l'Alsace-Moselle», explique Alain Trautmann, directeur.




Logistique

Si la moutarde douce d'Alsace est fabriquée à Mietesheim, les cornichons, betteraves et oignons sont désormais importés d'Allemagne, d'où la nécessité de disposer d'un espace de stockage. Avec une extension de 1.200m² tout juste achevée (500.000€ d'investissement), Raifalsa a quasiment doublé sa surface et peut reprendre les rênes de la gestion logistique des stocks, rapatriés sur Mietesheim. «Les économies engendrées doivent nous permettre d'amortir le projet sur dix ans», estime Alain Trautmann.




Made in Alsace

Sur la graine de moutarde aussi, Raifalsa veut faire des économies. Essentiellement produite au Canada, elle a enregistré des hausses de prix vertigineuses en 2008 (+170%; 1.400euros/t actuellement), ce qui n'est pas anodin pour une matière première qui entre à 25% dans la composition du produit fini. D'autant plus que la taille d'Alélor ne facilite pas l'accès à ces marchés. Un test a donc été mené en 2008 pour réintroduire la graine de moutarde en Alsace. Avec une récolte de 3t et la validation du produit final, l'essai est décuplé cette année. Huit exploitations produiront 30t de graine de moutarde, soit 10% des achats d'Alélor, 40% moins cher que le prix actuel de la graine canadienne (soumis aussi aux fluctuations du dollar canadien). «À terme, nous voudrions produire une moutarde 100% alsacienne», explique Alain Trautmann.




Pallier l'érosion des marges

Si le chiffre d'affaires d'Alélor (1,6M€ en 2007/2008) croît de 10% par an en moyenne, le chef d'entreprise anticipe une érosion de ses marges pour 2008/2009, parce que la hausse de prix de la graine de moutarde n'a pas totalement été répercutée sur les prix de vente. Le résultat net devrait ainsi passer de 6% à 2%.

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