Raffinage : Fluxel, le maillon faible
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Raffinage : Fluxel, le maillon faible

Pétrole. Le raffinage doit rester compétitif pour rester dans la course, a averti le président de Union française des industries pétrolières. En ligne de mire, la société Fluxel, maillon faible du dispositif de la filière pétrochimique régionale.

1.500 emplois directs et 8.000 induits, 400 millions d'euros d'achats et 150 millions d'euros investis chaque année. Les raffineries Esso, Petroineos, Total, LLyondellbasell, sont les poids lourds de l'économie locale, concentrant 35 % des capacités françaises de raffinage (24 MT). Si le président de l'Ufip (Union française des industries pétrolières) et ancien patron de la raffinerie Esso de Fos, Francis Duseux, se dit optimiste quant à l'avenir des industries du pourtour de l'étang de Berre, celles-ci devront faire face à plusieurs défis. Fortement impactés par la baisse du baril de pétrole, les groupes pétroliers revoient à la baisse leurs investissements. « Certains projets à 4/5 ans ne verront jamais le jour », prévient-il tout en adressant une nouvelle mise en garde.




Instaurer un service minimum

« Dans un contexte où l'Europe affiche encore un surplus de 20 % de ses capacités de raffinage et où la consommation devrait encore diminuer, une nouvelle rationalisation est à craindre. Les raffineries doivent rester compétitives », avertit Francis Duseux. En mai dernier, la chaîne logistique de cette industrie a été mise à mal par 26 jours de grève observée par les salariés de Fluxel, société détenue à 66 % par le port et chargée d'exploiter les terminaux pétroliers et gaziers. Début juin, au plus fort de la tourmente, 35 tankers patientaient au large dans l'attente de la réouverture des terminaux pétroliers. « Ce fut une situation extrêmement difficile. Nous devons fiabiliser les installations portuaires en instaurant un service minimum en cas de grève », fait-il valoir tout en rappelant qu'au moment de faire des choix, les grands groupes ont de la mémoire. Ainsi en 2012, la raffinerie allemande Miro Oberrhein décidait de ne plus importer son brut par deux mais par un seul pipeline. En choisissant de se concentrer sur le port de Trieste et le pipeline transalpin TAL, la raffinerie allemande privait alors la Société du pipeline Sud européen (SPSE) de 7 MT. Un paradoxe quand on sait que « le port de Trieste est limité à l'accueil de navires de 80.000 tonnes. Fos bénéficie d'un port en eaux profondes et d'un réseau de pipelines qui remontent vers l'Alsace et l'Allemagne », ajoute-t-il. À propos du projet de conversion de Total La Mède en bio raffinerie, le président de l'Ufip estime qu'elle permettait d'organiser la filière de récupération des huiles usagées. Il a également salué la dynamique de territoire engagée sur le port avec Piicto autour de l'économie circulaire qui devrait « attirer des investisseurs ». Depuis quelques mois, Kem One vend son acide chlorhydrique aux usines chimiques voisines de Lyondellbasell et Ascométal. « En développant des synergies, en échangeant des matières, les entreprises améliorent leur compétitivité », conclut Francis Duseux.



Laurie Maneval

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