Ingénieur en mécatronique, Joslain Brisseau a lancé l’entreprise Qwintal en partant d’un constat simple : les éleveurs ne disposent pas d’outil leur permettant d’assurer un suivi régulier du poids de leurs bovins. "70 % d’entre eux ne pèsent pas leur troupeau, assure le fondateur de Qwintal. Ils le font le plus souvent à la vente de leur bétail, au bout de dix-huit mois, et sur les 30 % qui le pèsent, c’est en moyenne tous les trois mois. Tous nous disent qu’ils aimeraient le faire plus souvent, au moins tous les mois." Joslain Brisseau a donc imaginé un boîtier connecté permettant de gérer les données d’une pesée plus régulière.
Des contacts à l’export
Qwintal, qui emploie actuellement 6 personnes, (4 équivalents temps plein au total), commercialise son boîtier depuis un an, en direct tout d’abord auprès des éleveurs, et depuis fin 2023 par l’intermédiaire de coopératives agricoles. Actuellement, une trentaine d’appareils sont en service, principalement dans la région. "Nous accélérons via les coopératives et sommes même sollicités à l’export avec des contacts dans la péninsule ibérique et en Belgique ", ajoute Joslain Brisseau."
Boîtier connecté
Le boîtier connecté développé par Qwintal s’installe directement sur la bascule. "La pesée nécessite du temps, explique Joslain Brisseau, il faut noter le poids de l’animal puis le ressaisir sur ordinateur. Le boîtier supprime cette charge : il enregistre directement les informations et les transmet sur un serveur à distance. L’éleveur peut ensuite les adresser à la coopérative, au vétérinaire ou à son conseiller technique."
Tapis de pesée
Désormais, la start-up angevine, créée en juin 2021 et installée depuis un an dans les locaux de We Network, à Verrières-en-Anjou, veut aller plus loin avec un tapis connecté qui permettra un suivi du poids des animaux en continu. " C’était l’idée de départ, confie Joslain Brisseau. Nous avons d’abord élaboré le boîtier connecté pour financer le développement du tapis. L’objectif est de fournir à l’éleveur un outil de pesage non contraignant, sur lequel les animaux passent plusieurs fois par jour, comme devant un abreuvoir."
Qwintal achève la quatrième phase de son prototype, qui devrait être mis en test en octobre pour trois à six mois dans une ferme expérimentale d’Indre-et-Loire. Le produit pourrait être lancé sur le marché sous douze mois.
Potentielle levée de fonds
Les prototypes sont réalisés par la start-up angevine, plusieurs entreprises de la région venant en sous-traitance pour fournir les capteurs ou différents éléments. "Pour l’industrialisation, explique Joslain Brisseau, nous ferons le choix de travailler avec des partenaires industriels ou de créer une unité de production en interne." Une levée de fonds pourrait alors être effectuée, et le dirigeant imagine déjà pouvoir fournir à l’éleveur d’autres données, comme la température corporelle de l’animal ou le poids sur chacune des pattes, pour déceler d’éventuelles pathologies ou incidents de croissance.
Joslain Brisseau, qui reste discret sur le chiffre d’affaires actuel de Qwintal, s’est fixé pour objectif d’atteindre environ 20 millions d’euros d’ici 5 à 6 ans, avec un développement à l’export. Il imagine aussi pouvoir adapter son produit à d’autres types d’élevages.