« 24 secondes », comme la possession du ballon par une équipe en basket. Louis-Florent Beng a choisi un nom évocateur pour les fans de basket pour sa marque de chaussures spécialisées et surtout "Made in France". Le jeune dirigeant, issu de l’école de commerce Europe-Asie de Quimper (aujourd’hui Emba), n’en est pas à son coup d’essai. Il est en effet le cofondateur de Sengtaï, entreprise de meubles design en bambou basée à Paris et Quimper. Désormais, ce « basketteur du dimanche », comme il se décrit lui-même, choisit une nouvelle aventure : une marque de textile et chaussures spécialisée dans son sport favori.
« L’idée est venue en parlant à un ami entraîneur de basket et sensible au localisme, aux circuits courts,¬etc. Je lui ai demandé s’il était prêt à mettre un peu plus cher pour avoir du fabriqué en France. Ce qui n’existe pas dans les baskets. Il y a Nike et Adidas et c’est à peu près tout ! Il a tout de suite répondu oui et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire », explique le créateur, Le voilà donc lancé avec quatre autres associés dans l’aventure. Première étape : dessiner les chaussures en se basant sur leurs expériences et celles de basketteur pro amis, notamment de L’Ujap Quimper.
Premières livraisons fin septembre
Assez vite cependant, il se confronte à une première difficulté : trouver un fabricant français capable de réaliser les deux premiers modèles (une chaussure haute, l’autre basse). « On a trouvé du côté de la capitale française de la chaussure, Romans Mais on ne donne pas le nom. On a eu beaucoup de mal à les trouver ; on ne voudrait pas se le faire piquer ! », sourit Louis-Florent Beng. L’entreprise a aussi une petite collection textile : short, t-shirt, sweat-shirts,¬etc.
Pour se lancer, le créateur estime l’investissement de départ à 30.000¬ euros. Aidés par une prévente en financement participatif sur Ulule. « On visait 300 précommandes au départ : on en a eu 408 ! Et dans un milieu du basket pas très porté sur le crowdfunding », se réjouit-il. Avec un prix entre 115 et 130 € la paire, la start-up a fait le choix d’une vente en ligne par eux-mêmes avec une livraison en 24 ou 48h. « D’ailleurs on déménage, toujours à Quimper, car on va avoir besoin d’un espace de stockage. » Côté rentabilité : « On se donne un an et demi » estime Louis-Florent Beng.
Les premières livraisons sont prévues fin septembre, début octobre. En plein dans l’Euro de Basket en France ! « On espérait que ça jouerait en notre faveur mais au final, pas tant que ça. Le basket a clairement un déficit d’image par rapport au foot. » Quant aux aides financières, l’entrepreneur préfère se concentrer sur le développement de la société. « On nous a dit que notre R & D sur les semelles notamment, ce n’était pas suffisant pour le crédit impôt recherche », regrette-t-il.