Qair lance son réseau de stations d’hydrogène
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Qair lance son réseau de stations d’hydrogène

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Le producteur d’énergies vertes Qair, associé au néerlandais Resato, investit 5 millions d’euros dans la construction d’un réseau de distribution d’hydrogène en France et en Islande. En outre, le groupe montpelliérain enchaîne les acquisitions au Royaume-Uni pour consolider ses positions outre-Manche.

Partenaire de Qair pour la construction de son réseau en France et en Islande, Resato a déjà livré plus de 50 stations en Europe — Photo : Resato

Ses usines de production d’hydrogène renouvelable, à divers stades de maturation en France et en Islande, ne sont pas encore opérationnelles mais Qair s’active depuis de longs mois pour leur trouver le maximum de débouchés. Le producteur montpelliérain d’énergie verte (650 salariés) signe ainsi un accord-cadre avec la société néerlandaise Resato, constructeur de stations de ravitaillement en hydrogène, pour développer un réseau de distribution de proximité sur ces deux marchés.

Une dizaine d’implantations à venir

Qair prévoit de bâtir ou d’adapter une dizaine de stations de distribution en trois ans, réparties pour moitié en France et pour l’autre moitié en Islande. L’investissement se monte à 5 millions d’euros pour les premières, livrables en 2025. Sur le territoire national, elles seront construites ex nihilo et positionnées en Occitanie ou à proximité, afin d’être alimentée en circuit court par Hyd’Occ, l’usine d’hydrogène que le groupe construit à Port-la-Nouvelle (Aude) et mettra en service en 2025. "La plus importante sera située à Béziers", annonce Charles Lhermitte, directeur général délégué aux opérations de Qair, qui investit 60 millions d’euros dans l’usine.

Un jalon dans la maturation d’Hyd’Occ

Opéré par Qair en direct, le réseau de stations occitan s’inscrira notamment dans le projet européen "Corridor H2", déployé localement par la Région Occitanie. Il vise d’abord à décarboner la mobilité lourde (poids lourds, autocars), même si les stations fournies par Resato, de conception ouverte et modulable, seront accessibles au grand public. En outre, avec la création d’un réseau de stations régionales, Qair va boucler la phase de contractualisation nécessaire pour sécuriser la première tranche d’Hyd’Occ (puissance : 20 MW, soit 2 700 tonnes d’hydrogène par an) : le plus gros contrat de fourniture, toutefois, reste celui signé en 2023 avec l’américain Plug Power. "Nous pouvons envisager sereinement la deuxième tranche d’Hyd’Occ, qui affichera une puissance de 30 MW (soit 6 000 tonnes d’hydrogène par an au total, NDLR). Le site a été configuré pour pouvoir la lancer rapidement, sans besoin de foncier ou de raccordement supplémentaires", se projette Charles Lhermitte.

Les spécificités du marché islandais

En Islande, le projet d’usine de production d’hydrogène porté par Qair est moins avancé : d’une puissance totale de 820 MW, il sera décliné en 3 tranches dont la première ne sera livrée qu’en 2030. Dans l’intervalle, le réseau de stations de distribution livré par Resato sera alimenté par de l’hydrogène produit sur d’autres sites islandais. De plus, il s’agira ici d’adapter un réseau de stations existantes, et non d’en construire un neuf. Comme pour celui d’Occitanie, la première ouverture est prévue dès l’an prochain.

Consolidation de la stratégie européenne

Par ailleurs, Qair multiplie les acquisitions au Royaume Uni. En quelques jours, le groupe a mis la main sur Northacre Renewable Energy, qui développe une usine de valorisation de déchets (24 MW), et sur le développeur Green Switch Capital (50 salariés). Ce dernier affiche un portefeuille de projets en développement de 15 GW cumulés (à rapprocher de celui de Qair, se montant à 34 GW hors hydrogène et batteries). Il vient compléter el dispositif de Qair outre-Manche, en plus d’un premier bureau gérant deux grands appels à projets éoliens, de la filiale écossaise Qair Scotland, et de la société Britaniacrest (collecte de déchets).

"C’est la deuxième acquisition la plus structurante pour Qair après Green City (société allemande, dont Qair a repris le portfolio en 2022, NDLR). Elle positionne le Royaume Uni comme un des pays où nous sommes les plus actifs, avec la Pologne, l’Allemagne et le Brésil. Depuis trois ans, nous faisons évoluer notre stratégie en Europe : partis d’une position très fragmentée, nous pouvons désormais proposer des PPA (contrats de vente d’électricité, NDLR) dans tous ces pays", conclut Charles Lhermitte.

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