900 ouvriers polyvalents redéployés sur les sites de Sochaux, Mulhouse, Aulnay ou encore Poissy. 850 ouvriers professionnels, ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise) et cadres concernés par un plan de départs volontaires. Au final, ce sont bien 1.750 postes qui, à court terme, seront supprimés sur le site de PSA Peugeot Citroën à Chartres-de-Bretagne. Si la nouvelle a fait l'effet d'une bombe - en interne comme à l'extérieur des murs de La Janais - elle n'est pas vraiment une surprise. Les acteurs économiques, les collectivités, et même les salariés de l'usine s'y attendaient. Reste qu'en passant de plus de 10.000 salariés il y a deux ans à près de 6.000 demain, les répercussions économiques vont être difficiles à encaisser pour le territoire. Même si celui-ci, dans le passé, a déjà démontré sa capacité à rebondir (ST Microelectronics, Mitsubishi...). «La part logistique est une part de plus en plus coûteuse avec le renchérissement du prix du pétrole. On a donc tout intérêt à produire au plus près des marchés», précise Pierre-Olivier Salmon, au service communication du constructeur auto, à Paris. «Chez PSA, on ne croit pas à la voiture mondiale, c'est-à-dire un véhicule qui plairait sur toute la planète. On voit que les particularités régionales sont de plus en plus prononcées». Et de citer en exemple McDonald's qui adapte ses plats en fonction des marchés.
«L'avenir du site n'est pas menacé»
Dans ce contexte, «nos usines en France continuent d'avoir leur pertinence et l'avenir du site de Rennes n'est pas menacé», insiste le responsable. Quant à la tentation de délocalisation pour des raisons de coûts salariaux, il s'agirait d'un mauvais calcul. «Ce serait une stratégie à la petite semaine car la construction d'une usine, c'est un projet à 40 ans», rappelle Pierre-Olivier Salmon. «Or, le delta entre les salaires d'Europe de l'Est et de l'Ouest se réduit» au fil des ans.
Modèles plus petits
Pour s'en sortir, La Janais peut par exemple compter sur le soutien - même s'il peut paraître dérisoire au regard des enjeux - des acteurs locaux. Notamment autour de la R & D (lire ci-contre). L'usine peut d'abord, et surtout, s'appuyer sur son plan Rennes 2010, qui verra son site optimisé dès l'été prochain. De là à entrevoir une volonté du groupe de construire à Rennes des véhicules plus petits... Lui qui, le mois dernier, annonçait qu'un nouveau modèle serait fabriqué dans la capitale bretonne à l'horizon 2010. «Nos centres de production sont plus flexibles. Rien n'empêche Rennes à terme de s'intéresser à d'autres segments», se contente de commenter le porte-parole du groupe.
1.750 postes supprimés à PSA Rennes. Avec l'impact sur les sous-traitants, le nombre peut se multiplier par deux. PSA La Janais compte pourtant sur une réorganisation industrielle et des efforts en R & D pour rester le poumon économique de la capitale bretonne.