Daniel Moukoko est un littéraire dans l'âme au cursus éclectique. Il a en effet été pigiste pour la Dépêche du Midi avant de se consacrer à l'écriture de dialogues pour des séries de la télévision. Comment en est-il arrivé à créer son entreprise ? L'histoire démarre avec un constat lors d'un voyage au Cameroun : l'utilisation des coquilles d'huîtres dans l'alimentation des volailles. L'idée a vite germé de bâtir une entreprise autour des trois axes repérés dans la réutilisation de ce « sous-produit coquillier » : alimentation avicole, amendement des sols agricoles et paillage dans les jardins. Il embarque dans l'aventure Jean-Louis Clément, spécialiste des épiceries solidaires et Gaëtan Leguay, diplômé en commerce, associés dans Providentiel Coquillages, une SAS au capital de 10.000 € créée en août 2016 qui a souscrit un emprunt de 30.000 € pour l'amorçage.
Broyage et distribution
Longtemps rejetées à l'eau par les ostréiculteurs du Bassin de Thau, les coquilles d'huîtres vides sont récupérées depuis 2005 et traitées jusqu'à enfouissement par la Coved, mandatée par le Syndicat Mixte des Ostréiculteurs. Après un processus de nettoyage et de séchage, elles peuvent être broyées pour diverses utilisations recensées par Providentiel Coquillages : alimentation de la volaille, action équilibrante de l'acidité des sols agricoles (notamment en viticulture). Un partenariat de R&D avec le CRITT CATAR de Labège a permis également de détecter des capacités à stabiliser le KH de l'eau (la dureté carbonatée) et par là également le PH ainsi qu'un axe potentiel dans la cosmétique grâce à la nacre, partie noble de la coquille, qui sert dans certains produits et vernis à ongle (pour cette dernière activité, une société à part doit être constituée). Côté ressources, il y a annuellement en Occitanie 12.000 tonnes de coquilles à traiter « mais ce n'est pas notre vocation d'être collecteurs » souligne Daniel Moukoko qui veut se focaliser sur le broyage et la distribution.
Embauches en vue
« Nous voulons être sur le marché dès cet automne » affirme Daniel Moukoko qui fait part de contacts bien avancés avec un groupe local important pour être revendu dans la grande distribution. Pour l'heure, le broyage est sous-traité et une opération de crowdfunding sur Mimosa est en cours pour l'acquisition d'une ensacheuse, à hauteur de 6.000 des 30.000 € que coûte l'outil. À terme il est prévu d'investir dans un broyeur, un séchoir ainsi qu'un tamiseur (350 K€) qui seront installés à Sète ; les services commerciaux et de R&D resteront à Toulouse. Il est prévu d'embaucher 4 à 5 salariés (et autant sur la partie cosmétiques) qui, selon le business plan, devrait générer 800 000 euros de chiffre d'affaires la première année, puis 1,4 million et 1,9 million.