Produits chimiques : S'adapter aux nouvelles règles
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Produits chimiques : S'adapter aux nouvelles règles

Les produits chimiques, fabriqués, importés ou utilisés, dans les entreprises et par les consommateurs, sont soumis à une plus stricte réglementation depuis 2007. Elle s'accentue en 2009 avec la mise en place d'une nouvelle signalétique.

Depuis 2007, le programme européen REACH exige le pré-enregistrement et la demande d'autorisation de mise sur le marché de certains produits chimiques devant prouver leur innocuité. D'ici à juin2009, une liste exhaustive des substances autorisées sera rendue publique. En attendant, les fabricants et importateurs doivent vérifier l'impact sur la santé et l'environnement de leurs produits, et parvenir le plus possible à une substance inoffensive. À terme, les bénéfices du programme visent une diminution de 2.000 à 4.000 décès par cancer par an au niveau européen, et une réduction des dépenses de santé publique qui pourrait aller jusqu'à 50Md€ sur 30 ans.




DCNS montre l'exemple

Chez DCNS, on estime le coût des maladies professionnelles à 20M€ en dix ans. Le groupe de construction navale s'est engagé à atteindre le risque zéro en matière d'exposition aux produits chimiques. Un plan d'action a été mis en place dès 2005. «Nous utilisions 20 tonnes de substances CMR en 2005 et sommes passés à moins d'une tonne en 2008», explique Christian Laot, de DCNS Brest. Ces substances CMR, cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, étaient utilisées par les agents de maintenances pour la réparation et l'entretien de navires militaires. Grâce à des molécules de substitution développées par la R & D de DCNS, le géant naval tend à l'utilisation de zéro CMR d'ici à fin 2009. Déjà 45 produits ont trouvé leur substitution. «Les grandes entreprises ont les moyens d'engager des démarches pour plus de sécurité des techniciens. Nous devons montrer l'exemple et motiver d'autres entreprises autour de ce projet», insiste Christian Laot. À Brest, 2.700 personnes travaillent au siège de DCNS. Un tiers des techniciens sont en contact direct avec des produits chimiques, un tiers supplémentaire indirectement. À Toulon, sur les 1.700 salariés, un tiers également est concerné par la prévention des risques des produits toxiques. Les sites de Lorient et Cherbourg, qui opèrent sur des constructions neuves, sont moins exposés aux risques. «Les cancers professionnels sont une bombe à retardement», souligne Christian Laot. «On ne doit pas aller travailler et risquer d'y laisser sa peau.Une grande entreprise comme DCNS doit avoir une action civique et faire avancer les choses.»

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