Christian Hecker a lancé seul IF Tech à Angers en 2004 : l’idée était alors de développer des micro-organismes, en l’occurrence des champignons et des bactéries, de même que des macro-organismes, des insectes, pour proposer sur le marché de l’agriculture et de la viticulture des solutions alternative aux produits chimiques. L’entreprise emploie désormais huit personnes pour un chiffre d’affaires d’un million d’euros l’an passé et s’est implantée dans une nouvelle usine aux Ponts de-Cé.
Nouveau départ
Auparavant, IF Tech était locataire d’un bâtiment voisin de 250 mètres carrés, il dispose maintenant d’un espace de 800 mètres carrés, sur une surface de 1 100 mètres carrés de terrain, grâce à un investissement d’environ 2 millions d’euros. "Le bâtiment est conçu pour notre activité, souligne Christian Hecker, président d’IF Tech, ce qui n’était pas le cas avant. Nous avons beaucoup travaillé sur l’ergonomie, le confort de travail et nos process, avec des systèmes automatisés. L’entreprise prend un nouveau départ, en passant d’un stade quasi artisanal à une échelle industrielle."
Insectes et champignons
En changeant d’échelle, IF Tech se fixe de nouveaux objectifs. Avec ce nouvel outil, l’entreprise envisage de multiplier par cinq son chiffre d’affaires d’ici cinq ans, en accélérant la production de ses solutions alternatives à l’utilisation de produits phytosanitaires : d’une part la production d’insectes pour le biocontrôle des récoltes et d’autre part celle de champignons et de bactéries.
"Nous avons sélectionné un insecte pour lequel nous sommes quasiment les seuls en Europe à assurer la reproduction et le maintien de la génétique, indique Christian Hecker. Polyphage et indigène, il s’attaque à plusieurs autres insectes ravageurs tout en étant adapté à toute l’Europe. Il ne va pas éradiquer les autres insectes mais les contrôler."
"Nous enregistrons de plus en plus de demandes, en raison de nouvelles demandes des consommateurs et des réglementations qui tendent à réduire l’utilisation des solutions chimiques."
Cette chrysope choisie par IF Tech, que l’entreprise commercialise sous forme de larves ou d’insectes, régule ainsi dans les cultures les pucerons, cochenilles, acariens et autres teignes dans des productions aussi variées que la vigne, les arbres fruitiers, le maraîchage, l’horticulture, les grandes cultures ou les espaces verts.
"Nous enregistrons de plus en plus de demandes, poursuit le dirigeant, en raison de nouvelles demandes des consommateurs et des réglementations en vigueur, qui tendent à réduire l’utilisation des solutions chimiques."
Recrutements à venir
Outre cette alternative, IF Tech, qui commercialise ses produits dans toute l’Europe sous son nom ou en marque blanche via un réseau de distributeurs, développe également des micro-organismes, champignons et bactéries, adaptés aux différentes cultures. "Nous remettons ainsi en place autour de la plante et dans le sol cet élément microbiologique, ce qui permet de restaurer son équilibre. Dans les deux cas, c’est la nature qui protège la nature", explique Christian Hecker. L’entreprise angevine, qui prévoit de doubler son effectif pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé à 5 ans, effectue en permanence un travail de recherche et développement, en menant des partenariats avec le CNRS, l’INRAE ou encore différentes stations de recherche.