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Près d’une entreprise sur deux veut se développer sur le marché de la défense, selon Bpifrance Le Lab
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Près d’une entreprise sur deux veut se développer sur le marché de la défense, selon Bpifrance Le Lab

Alors que l’effort de défense doit atteindre 3,5 points de PIB en 2030 d’après les objectifs de l’Otan, une étude Bpifrance Le Lab éclaire les objectifs des entreprises françaises sur le marché de la défense. D’après cette enquête, 43 % des entreprises extérieures à la défense souhaitent s’y développer. Mais leur entrée sur ce marché est rendue difficile par de nombreux freins.

43 % des entreprises françaises extérieures à la défense veulent se développer sur ce marché — Photo : Eurenco

Si la France veut suivre l’effort de défense porté par l’Otan, le chiffre d’affaires du secteur devra augmenter de 31 milliards d’euros d’ici 2030. Pour y parvenir, les entreprises semblent prêtes à accompagner le mouvement selon une étude Bpifrance Le Lab publiée le 8 octobre. Cette étude a été réalisée sur la base d’une enquête menée auprès de 1 700 dirigeants, dont 45 % opèrent dans la défense et de 50 entretiens de dirigeants et d’experts du secteur.

Une opportunité de développement

43 % des entreprises extérieures à la défense veulent se développer sur ce marché. Elles y voient une "opportunité" dans les secteurs de l’aéronautique, du spatial et de l’optique notamment. Ces entreprises ont en commun leur compétitivité d’après cette étude. Elles sont plus innovantes, exportatrices et affichent une croissance supérieure, et les start-up sont aussi plus nombreuses.

Des freins à l’entrée

Pour intégrer ce marché, "les barrières à l’entrée peuvent décourager" relève Bpifrance Le Lab. Difficulté à être identifié par les donneurs d’ordre, complexité des appels d’offres et obstacles pour établir des partenariats stratégiques… Les freins sont nombreux pour les dirigeants extérieurs à la défense.

Les PME et ETI déjà au cœur du marché de la défense face à des difficultés

Mais les difficultés existent également pour les entreprises déjà positionnées sur le cœur du marché de la défense. Les PME et ETI dans ce cas, font en effet "état de difficultés plus aiguës que les autres". Elles cumulent plusieurs difficultés comme une pression excessive sur les marges, le non-respect d’engagements contractuels, des litiges ainsi qu’une santé financière dégradée.

37 % des entreprises positionnées sur le "cœur défense" ont des difficultés de trésorerie, contre 27 % parmi les autres entreprises, 25 % font face à des difficultés d’obtention de prêts bancaires (contre 15 % par ailleurs) et 20 % ont des problématiques pour lever des fonds (contre 10 %).

Face à la difficulté de commercialiser en France, "il est parfois plus facile de vendre à l’international", commente même Bpifrance Le Lab. Les start-up opérant dans la défense réalisent par exemple plus de 20 % de leur chiffre d’affaires à l’étranger, les PME et ETI 16 %.

Au-delà de la mobilisation des entreprises, l’effort de défense générera en outre "un besoin de financement important", indique enfin Bpifrance Le Lab. L’institution a chiffré ce besoin à 15 milliards d’euros, dont 10 milliards sous forme de dette, et 5 milliards via un apport en fonds propres.

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