À Ecouflant (Maine-et-Loire), le site de GPA s’étend sur 5,5 hectares et emploie actuellement 42 collaborateurs. Il y a quelques années encore, il était connu des Angevins sous le nom des établissements Debrito, qui assuraient le traitement des véhicules hors d’usage. En 2024, la famille Debrito a cédé l’entreprise à une autre structure familiale, le groupe GPA, basé à Livron, dans la Drôme. "Debrito était une belle entreprise que je connaissais depuis 2011, souligne Johan Renaud, président de GPA et représentant la troisième génération à la tête de l’entreprise familiale drômoise. Depuis la reprise, nous avons investi plus de deux millions d’euros pour réaliser des travaux extérieurs, entre autres en termes de normes environnementales. Et pour uniformiser les process avec ceux que nous avons mis en place à Livron et dans notre usine de l’Oise."
Un chiffre d’affaires multiplié par trois
Cette usine de l’Oise, à Pont-Sainte-Maxence, le groupe GPA l’a inaugurée au cours de l’été 2025. L’équipement de 17 000 mètres carrés a nécessité un investissement de 42 millions d’euros.
Sur le site d’Ecouflant, situé en périphérie d’Angers, le groupe drômois a également investi, pour adapter à son fonctionnement une usine de 6 000 mètres carrés "qui était déjà dans un bel état", souligne Johan Renaud. "Lors de son rachat, l’entreprise réalisait 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous atteindrons 15 millions d’euros à la fin de l’actuel exercice en septembre prochain. Cela représente environ 12 % du chiffre d’affaires du groupe, ajoute le dirigeant. Nous avons aussi repris tous les salariés et nous recrutons actuellement pour renforcer l’équipe."
Cette montée en puissance de l’unité angevine de GPA, (un groupe de 420 salariés au total, pour 95 M€ de CA en 2025), son président l’explique à la fois par la refonte des process et une demande croissante. Les véhicules hors d’usage qui arrivent sur le site suivent un cheminement rigoureux. Ils sont géolocalisés et tracés dès leur arrivée, de même que tout au long du process de démantèlement. "Nous allons chercher à donner une seconde vie et à revaloriser, explique Johan Renaud, avec d’une part des pièces pour le réemploi et d’autre part le recyclage des matières." Les véhicules électriques sont traités séparément à leur arrivée, pour que les batteries soient ôtées, puis ils regagnent le circuit normal de démantèlement.
"Des voitures revalorisées à 99,7 %"
Au fur et à mesure de son avancée dans l’usine, le véhicule va être dépollué, en retirant tous les composants liquides comme le carburant et les huiles, puis il sera désassemblé, un ordinateur indiquant aux opérateurs les différentes étapes du process à effectuer. Le moteur et la boîte de vitesses seront par exemple extraits. Au total, une vingtaine de pièces pourront ainsi être revendues, à des professionnels carrossiers ou garagistes, ou à des particuliers.
Cette revente compte pour 30 % du chiffre d’affaires du groupe GPA, aujourd’hui premier acteur français du recyclage des véhicules hors d’usage, avec 15 à 20 % des parts du marché national. En fin de chaîne, ce qui reste du véhicule sera adressé à un site de Paprec, près de Tours, en Indre-et-Loire. Après opération de broyage, les différentes matières seront extraites pour rejoindre les filières de recyclage. "Au total, 99,7 % de la voiture est revalorisé", assure Johan Renaud.
Le site angevin de GPA traite environ 9 000 véhicules chaque année, sur les quelque 46 000 que le groupe recycle tous les ans. Des véhicules adressés par les compagnies d’assurances, en provenance du Grand Ouest de la France, de la Bretagne à l’ouest du Bassin Parisien en passant par les Pays de la Loire, la Basse-Normandie et le nord de la Nouvelle-Aquitaine.