La production de lait en poudre constitue 60 % du chiffre d’affaires annuel de la coopérative Isigny-Ste-Mère, dans le Calvados. Celle-ci souhaite encore accroître sa production à l’aide d’une nouvelle unité de séchage du lait infantile et recrute 140 personnes pour la faire fonctionner d’ici 6 mois. Un pari, alors que les entreprises font face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
Des installations industrielles aux fonctions support
La coopérative laitière Isigny-Ste-Mère est à la recherche de nouveaux profils pour faire tourner sa nouvelle unité de production à Isigny-sur-Mer. La société recrute 140 candidats pour travailler, d’une part, à la fabrication, et d’autre part, au conditionnement du lait infantile. "Nous cherchons des conducteurs d’installations industrielles, des pilotes de ligne de conditionnement, des conducteurs de tour, mais aussi des personnes dans les services support aux ressources humaines, à la maintenance, et à l’export", énumère Nicolas Courtier, le directeur des ressources humaines de la coopérative. La majorité des postes sont ouverts en CDI, et d’autres en intérim.
Tous les profils peuvent postuler chez Isigny-Ste-Mère
Pour autant, trouver une main-d’œuvre déjà qualifiée pour les postes techniques est "rare", selon le DRH. Par conséquent, tous les salariés sont formés pendant plusieurs mois (huit mois pour un conducteur d’installation). Une particularité qui permet à Isigny-Ste-Mère de rester ouverte à tous les profils. "Les seuls prérequis pour postuler sont d’avoir la tête bien faite et envie d’apprendre", souligne Nicolas Courtier. L’entreprise multiplie aussi les approches pour trouver des candidats, y compris hors des sentiers battus.
Les salariés, meilleurs recruteurs
"Les offres d’annonce sont loin d’être suffisantes", confie le directeur des ressources humaines. La situation oblige la coopérative à faire preuve de créativité. "Nous nous rendons à des salons de recrutement, comme cette semaine à Bayeux, puis à Saint-Lô. Nous recrutons également sans CV sur les réseaux sociaux", poursuit le DRH. Une manière d'éviter certains biais et de s'ouvrir à des profils avec des expériences très différentes.
Pourtant, les meilleurs recruteurs, ce sont les salariés eux-mêmes, assure Nicolas Courtier. Une prime allant jusqu’à 1 500 euros est offerte aux employés qui cooptent une recrue. Un coût pour la coopérative, certes, mais dérisoire "par rapport au prix d'un bon technicien", pointe le DRH. Le jeu en vaut la chandelle, à condition d'arriver dans un second temps à garder ses collaborateurs.
75 % des salariés sont dans l’entreprise depuis moins de 10 ans
L’entreprise mise sur la fidélisation de ses salariés en offrant des salaires attractifs, en ouvrant les postes en interne en priorité, et en mettant à disposition quelques logements pour les salariés qui habitent loin de l’usine. Aujourd’hui, 75 % des 1 107 salariés de la coopérative ont moins de 10 ans d’ancienneté. Un chiffre qui cache des disparités, mais qu’Isigny-Ste-Mère compte bien améliorer.