Moselle
Porté par Suez, Loop Industries et SKGC, le projet d’usine mosellane à 440 millions d’euros est suspendu
Moselle # Chimie # Investissement industriel

Porté par Suez, Loop Industries et SKGC, le projet d’usine mosellane à 440 millions d’euros est suspendu

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Les sociétés Loop Industries (Canada), Suez (France) et SK Geo Centric (Corée du Sud) ont décidé de suspendre le projet de construction d’une usine de recyclage chimique du PET à Carling-Saint-Avold, en Moselle, dont la mise en service était programmée pour 2027.

Loop Industrie exploite déjà son procédé dans une usine installée à Terrebonne, au Canada — Photo : Loop industries

Suspendu ou enterré ? Loop Industries (Canada), Suez (France) et SK Geo Centric (Corée du Sud), les trois industriels qui portaient le projet "Parkes", soit une usine de recyclage chimique du PET à 440 millions d’euros, ont demandé la levée des réserves foncières leur permettant d’acheter un terrain de 45 hectares jouxtant la plateforme Chemesis de Carling-Saint-Avold, l’ancienne Cokerie de Carling. Ce renoncement à l’option d’achat engagé acte donc la "mise en suspens d’un commun accord" le projet, d’après le vocable retenu par les industriels. Une décision motivée par "l’inflation des coûts du projet et la situation macroéconomique" qui remettent en cause "l’équilibre du projet", précise la communication du groupe Suez. Plusieurs étapes avaient pourtant déjà été franchies, avec notamment l’ouverture d’une concertation continue menée par la Commission nationale du débat public, et la phase d’enquête publique était programmée pour le second semestre 2024.

Une résine de PET de qualité vierge

Le chantier devait démarrer au deuxième trimestre 2025, pour une mise en service programmée en 2027. À partir de 145 000 tonnes de déchets plastiques mélangés, l’usine devait être en capacité de mettre sur le marché 70 000 tonnes de PET par an de qualité vierge, le tout grâce à une consommation d’énergie n’excédant pas 50 MW. Autre avantage du procédé développé par Loop : éviter l’émission de 360 000 tonnes de CO2 par an par rapport à la résine PET vierge fabriquée à partir d’un procédé pétrochimique traditionnel. Le groupe Suez tient à préciser que "le traitement moléculaire reste une technologie d’avenir en laquelle [il croit] et pour laquelle nous allons continuer notre travail de recherche et développement".

Un procédé chimique innovant

Concrètement, les trois industriels s’étaient entendus pour amener l’expérience du groupe coréen SKGC dans l’industrie pétrochimique, du français Suez dans la gestion des ressources et sur la technologie innovante de Loop Industries. Baptisée "Infinite Loop", cette nouvelle technologie permet de dépolymériser des déchets plastiques en PET pour obtenir des monomères de "qualité vierge" pouvant être réintroduits dans les chaînes de production de PET. "Notre procédé permet de prendre les déchets de plastique, de couper les liaisons qui rassemblent les deux monomères ensemble pour produire les deux produits pétrochimiques que sont le DMT (diméthyl-téréphtalate), qui est une poudre blanche, et du MEG (mono-éthylène glycol). Ensuite, on les purifie et on les recombine pour faire un produit final pour nos clients. Nous sommes capables de faire ça à l’infini, sans dégradation de qualité", détaillait au Journal des Entreprises le président de Loop Industries, Daniel Solomita. Le projet devait permettre de créer 200 emplois, tout en participant à la bascule de la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold vers la chimie verte.

Moselle # Chimie # Gestion des déchets et recyclage # Investissement industriel