Sans les racines familiales de ses dirigeants, Polaris ne serait peut-être déjà plus finistérienne. Au sud de Quimper, à Pleuven, l'entreprise se présente en effet comme un expert de premier rang mondial sur les lipides nutritionnels. Les sollicitations ont été nombreuses depuis la création de la société en 1994. Financiers et agglomérations lui font les yeux doux pour récupérer l'entreprise dans leur périmètre d'activités.
Rachat avant la fin de l'année?
Pour l'instant, Polaris n'a pas bougé. Comme elle n'a pas non plus décidé de révéler son chiffre d'affaires. Question de confidentialité paraît-il. «Nous sommes très observés et on travaille sur différents secteurs», tente d'expliquer Stéphane Lozachmeur, biologiste de formation, et fondateur avec Gildas Breton de Polaris. Tout juste saura-t-on que la PME de 27 salariés réalise chaque année une croissance à deux chiffres, qu'elle envisage de recruter 10 personnes d'ici un an et demi et qu'un rachat pourrait intervenir avant la fin de l'année. Polaris est déjà actionnaire de Polymaris Biotechnology, start-up morlaisienne et partenaire scientifique. «Soit on reste comme on est, soit on se développe et il faut alors avoir du répondant. La levée de fonds de 6M€ intervient dans ce sens. L'histoire n'est pas finie et on a encore beaucoup de développements à réaliser», insiste le P-dg. En juin dernier, Seventure Partners a fait son entrée au capital de Polaris. Cette filiale de Natixis Private Equity possède 500M€ sous gestion dans les secteurs innovants. Entre ses murs opaques, Polaris possède en effet une véritable plus-value. Son nom: Quality Silver. Breveté en 2005, ce procédé permet de stabiliser les molécules des acides gras oméga-3 (marins et d'huiles végétales) et donc de conserver toutes les propriétés des lipides nutritionnels. Prévention de l'insuffisance cardiaque, du diabète, de l'obésité, amélioration du développement du système nerveux du foetus et du nouveau né..., les études ne cessent de promouvoir les avantages d'une consommation régulière d'oméga-3.
Production augmentée pour la cosmétique
La matière première, Polaris va la chercher en Norvège, au Chili, au Pérou, au Maroc ou au Québec. Dans la flore et la mer (poissons bleus). Pour Polaris, tout est bon dans le thon. Des têtes congelées, elle extrait de l'huile; de la peau, de la gélatine. Utilisées dans le processus de fabrication des industriels (Danone) et des laboratoires, les 500 produits de Polaris se retrouvent dans différentes applications finales: compléments alimentaires, santé animale, pharmacie, aliments fonctionnels (enfants, femmes enceintes) et donc cosmétique. Le recrutement d'une ingénieur va réellement lancer ce dernier secteur d'activité au cours du semestre. «Nous allons investir dans des machines nous permettant de produire à plus grande échelle.» L'entreprise, qui possède déjà un autre site à Briec dédié à la nutrition animale, recherche 1ha pour installer une unité de production de nouvelles molécules pour produits cosmétiques, de nutrition d'enfants ou de femmes enceintes. Les seniors et l'ophtalmologie représentent deux autres relais de croissance identifiés.
En levant 6M€, Polaris dispose de nouveaux moyens pour attaquer le secteur de la cosmétique. Le spécialiste des acides gras oméga-3 est déjà parvenu à séduire les industriels mondiaux et laboratoires de nutrition santé.