Philibert Savours : La PME ne manque pas d'appétit
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Philibert Savours : La PME ne manque pas d'appétit

Agroalimentaire. Bien campée sur sa position de leader sur le marché des levains, l'entreprise de l'Ain mise désormais sur la diversification.

Pascal Philibert aborde l'avenir de son entreprise avec lucidité. « Les places sont de plus en plus chères et nos concurrents de plus en plus gros. » Pas de quoi décourager le patron de Philibert Savours, implantée à Pont-de-Veyle dans l'Ain, qui a choisi l'innovation et les produits à forte valeur ajoutée gustative pour damer le pion aux géants. Il procède donc par ordre. Sa marque de pain Campasine, qui vient d'être reconnue "Saveur de l'année" pour la sixième fois, constitue une base solide pour conquérir de nouveaux marchés. En France d'abord, spécialement en région parisienne où elle devrait être prochainement distribuée plus massivement. À l'étranger ensuite, où le directeur général de Philibert Savours multiplie les contacts.




Distributeur en Grande-Bretagne

« Nous venons de signer avec un distributeur en Grande-Bretagne et en Irlande. Nous sommes aussi présents en Grèce, en Belgique et aux Pays-Bas. Nous abordons le marché espagnol et, sur le grand export, le Brésil, la Colombie et le Pérou sont nos destinations de prédilection, même si nous commençons également à aller du côté de la Russie », égraine-t-il, en annonçant 25 à 30 % de ventes à l'international cette année, soit une hausse de 5 %. « À l'avenir, nous serons au moins à 50 % », assure le directeur général. Pendant que les équipes commerciales s'affairent, les chercheurs ne chôment pas. Chaque année, l'entreprise investit en moyenne 10 % de son chiffre d'affaires dans la R & D et dispose d'un centre de recherche à Lyon. Objectif ? Mettre au point de nouveaux produits, des levains bien sûr, mais aussi des « solutions gustatives » pour les professionnels leur permettant de créer de nouvelles recettes de viennoiseries, pâtisseries et autres, mais aussi des produits plus inattendus à l'image des fruits et légumes transformés en paillettes qui conservent des qualités gustatives hors pair. « Pour survivre, il faut impérativement créer des produits à forte valeur ajoutée », affirme Pascal Philibert. D'ailleurs, il devrait sous peu signer une nouvelle innovation. Les équipes de recherche sont en effet parvenues à enrichir les levains en nutriments, ouvrant notamment la porte au marché des compléments alimentaires. Prudent, Pascal Philibert ne se risque pas pour autant à annoncer de hausse d'activité. Les 8,5 M€ réalisés l'an dernier devraient toutefois être au moins de mise cette année. Comme il ne se risque pas plus à confirmer ses projets de construction d'une nouvelle usine.




Organisation multisite

« Si nous voulons être sérieux, il faut impérativement tenir compte des allergènes qui sont nombreux dans notre métier, mais qui ne sont pas les mêmes partout dans le monde. Ici le gluten est souvent pointé du doigt, alors qu'au Japon, c'est le sarrasin qui est incriminé. Autant dire qu'il nous faut des outils de production dédiés afin de ne pas risquer les contaminations », analyse-t-il. Philibert Savours s'oriente donc désormais vers une organisation sur plusieurs sites, dont certains pourraient être acquis par croissance externe. Mais là encore, la prudence reste de mise. Le mystère aussi donc.

Philibert Savours



(Pont-de-Veyle) DG : Pascal Philibert 43 personnes CA 2013 : 8,5 M€ 03 85 23 80 70 www.philibertsavours.com

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