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Pays de la Loire : une économie à deux vitesses
Pays de la Loire # Industrie # Conjoncture

Pays de la Loire : une économie à deux vitesses

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La Banque de France Pays de la Loire a livré les résultats de son enquête de début d’année sur l’économie régionale. Après une année 2025 où les entreprises ont fait preuve de résilience, les dirigeants anticipent une croissance de leur activité dans l’industrie, les services et la construction. Ce tableau général masque cependant de fortes disparités.

Les industriels des Pays de la Loire tablent sur une hausse de 3 % de leur activité en 2026 — Photo : Benjamin Robert

Dans un contexte de déficit public élevé et d’incertitudes politiques en France et dans le monde, la Banque de France Pays de la Loire a réalisé, en début d’année, sa traditionnelle étude de conjoncture à partir des réponses de 1 500 chefs d’entreprise installés dans la région.

Dynamisme des services marchands en 2025

En 2025, l’évolution des trois secteurs d’activité a été sensiblement divergente. Le secteur industriel enregistre une hausse inférieure à celle attendue, bien que légèrement positive (+ 0,2 %). Cette stabilité globale masque toutefois une différence entre la bonne santé des grands donneurs d’ordres nationaux, tels qu’Airbus, Les Chantiers de l’Atlantique, Naval Group…, et un tissu de PME et TPE plus impacté par la crise.

Le secteur des services marchands, qui emploie la moitié des salariés de la région, affiche, pour sa part, une progression de près de 5 % de son activité avec, là encore, de fortes disparités. Les activités d’information-communication ou encore juridiques, comptables et d’ingénierie se sont montrées très dynamiques, tandis que le commerce de détail et les cafés et restaurants étaient à la peine.

Le secteur de la construction est resté stable, pénalisé par la crise du gros œuvre (-8 %), tandis que la branche des travaux publics renouait avec la croissance (+ 4,5 %). "Ce qui est marquant dans un contexte global de baisse d’activité, c’est la situation très contrastée d’un secteur d’activité à l’autre, voire d’une entreprise à l’autre", commente Simone Kamycki, directrice régionale chez Banque de France Pays de la Loire.

Croissance attendue en 2026

Pour 2026, les dirigeants anticipent une légère reprise de l’activité dans les trois secteurs. Dans l’industrie, un regain d’activité proche de 3 % est attendu, avec une très faible progression des effectifs, mais des investissements relancés (+ 6 %). Dans les services, les chefs d’entreprise tablent sur une progression de leur activité moindre qu’en 2025 (+ 1,7 %), mais une rentabilité améliorée. Contrairement à 2025, les investissements chuteraient de 16 % en 2026, avec des effectifs en légère progression. Dans la construction, les signaux encourageants du second semestre 2025 se confirmeraient avec un rebond de 3 % de l’activité. Celui-ci bénéficierait aux marchés du gros œuvre (+ 5,3 %) et du second œuvre (+ 3,6 %). En revanche, pénalisée par la mise en place des nouvelles équipes municipales, la branche des travaux publics marquerait le pas. Les effectifs seraient stabilisés et les investissements poursuivraient leur recul, quoique de façon moins marquée qu’en 2025.

Marges sous pression

L’enquête de conjoncture réalisée par la CCI Nantes Saint-Nazaire sur le seul département de la Loire-Atlantique confirme ces tendances. "Nous avons un territoire résilient fondé sur une industrie solide. Mais le commerce de détail et les cafés-hôtels-restaurant sont en difficulté et n’entrevoient pas de perspectives d’amélioration", analyse Yann Trichard, président de la CCI.

Simone Kamycki, directrice de la Banque de France Pays de la Loire et Yann Trichard, président de la CCI Nantes Saint-Nazaire — Photo : Caroline Scribe

Dans le détail, 48 % des entreprises prévoient de réduire leur niveau d’investissement (+ 4 % par rapport à janvier 2025). 45 % indiquent être contraintes de baisser leurs marges commerciales, notamment dans les secteurs en difficulté. Le niveau de trésorerie, très variable d’un secteur à l’autre, reste le premier enjeu des dirigeants. Il est impacté par l’augmentation des délais de paiement. "Depuis trois ans, la Banque de France pénalise, dans sa cotation, les entreprises qui ne respectent pas les délais de paiement", rappelle Simone Kamycki.

Petite note d’espoir, le frémissement des carnets de commandes qui progressent, notamment dans l’industrie.

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