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Les sociétés de transport confrontées au défi de la transition énergétique dans un contexte difficile
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Les sociétés de transport confrontées au défi de la transition énergétique dans un contexte difficile

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Fort de près de 2 000 entreprises employant environ 45 000 salariés, le secteur des transports routiers et de voyageurs est un acteur clé de l’économie ligérienne. Toutefois, son équilibre financier fragile rend difficile la mise en œuvre de la transition énergétique.

Le secteur des transports routiers et de voyageurs emploie près de 45 000 salariés dans les Pays de la Loire — Photo : Natalia Bratslavsky

Les transports routiers et de voyageurs constituent une activité économique majeure dans les Pays de la Loire. Les entreprises du secteur représentent 2 % des entreprises de la région, mais 6,5 % des effectifs salariés et 6 % de la valeur ajoutée. Ces chiffres ont été produits par la Banque de France dans son étude "Situation économique et financière des entreprises des transports routiers et voyageurs en Pays de la Loire".

Dans le détail, plus de 1 900 entreprises de transport routier sont actives dans les Pays de la Loire, 41 % étant implantées en Loire-Atlantique et 21 % dans le Maine-et-Loire. Elles emploient quelque 38 200 salariés, essentiellement dans des TPE et PME. Les entreprises de transport de voyageurs, au nombre de 57, emploient 6 350 salariés, dont 63 % sur le seul département de Loire-Atlantique. Ce segment du marché comporte davantage de grosses entreprises, 14 d’entre elles dépassant les 100 salariés.

Un secteur qui crée des emplois

"Le secteur des transports est bien visible sur les routes, mais souvent invisible pour son rôle économique. Pourtant, 88 % des marchandises passent par la route", souligne Éric Rabouin, président de la fédération FNTR Pays de la Loire et dirigeant des Transports Rabouin, installés au Cellier, près de Nantes. Troisième secteur régional le plus affecté par les défaillances d’entreprises, le transport routier a mis les recrutements sur pause en 2025. Son président anticipe toutefois, des recrutements sous tension, dès que la reprise, même légère, se fera sentir.

"Il n’est pas possible d’exiger du secteur du transport qu’il se lance dans sa transition énergétique si les chargeurs, les donneurs d’ordre et les collectivités n’acceptent pas de financer le surcoût"

La situation de l’emploi est plus favorable dans le transport de voyageurs, avec une progression des effectifs de 7 % en moyenne sur la période 2022-2024. "En cinq ans, nous avons augmenté les salaires de 30 % pour améliorer l’attractivité de notre secteur dont les effectifs sont constitués à 85 % de conducteurs de cars. Si les recrutements sont moins difficiles qu’avant la crise, le marché de l’emploi est toujours sous pression. En 2026, nous recherchons 900 CDI, notamment pour répondre au développement de l’offre de transport par les collectivités", indique Grégory Cordier, président de la FNTV et dirigeant du groupe Cordier, basé en Anjou.

Le défi financier de la transition énergétique

Si les effectifs et le chiffre d’affaires des entreprises de transport se maintiennent bon an mal an dans un contexte économique compliqué, leur situation financière se dégrade avec des trésoreries fragilisées et des fonds propres souvent insuffisants.

"La trésorerie nette représente seulement 23 jours de chiffre d’affaires dans le transport routier contre 38 pour l’ensemble de l’économie", pointe Simone Kamycki, directrice régionale Banque de France Pays de la Loire.

Cet équilibre financier fragile met les entreprises du secteur au défi de financer la transition énergétique de leurs flottes. Leurs marges faibles ne leur permettent pas d’investir des montants importants dans la transition énergétique de leurs parcs de véhicules. "Un camion électrique coûte trois fois le prix d’un camion diesel et un car électrique le double d’un car diesel. Il n’est pas possible économiquement et socialement d’exiger du secteur du transport qu’il se lance dans sa transition énergétique si les chargeurs, les donneurs d’ordre et les collectivités n’acceptent pas de financer le surcoût", souligne Éric Rabouin.

Pays de la Loire # Transport-logistique # Écosystème et Territoire # Créations d'emplois # Transition énergétique