Mathias Monin,
fondateur de Manang (9 salariés ; 1,8 millions d'euros de CA) spécialisée dans le génie civil et la maintenance des ouvrages d'art, au Cheylas (38).
Vous avez démarré « un peu à l'envers » d'une entreprise classique... Au lieu de développer mon business et de penser à embaucher ensuite, un ancien collègue m'avait appelé pour me dire qu'il avait démissionné. Comme je voulais démarrer avec lui, je n'avais pas d'autre choix que de l'embaucher au plus vite ! Quelques semaines après, j'ai pu décrocher un gros contrat avec le Conseil Général. La même chose s'est produite lorsque je cherchais un mi-temps administratif : un ancien collègue, chef de chantier, est venu me voir. On a adapté son poste afin qu'il puisse avoir un second mi-temps en tant que conducteur de travaux.
Vous affichez certaines valeurs : comment se traduisent-elles au quotidien ? Comme nous travaillons sur Rhône-Alpes et même au-delà, nous misons sur la délégation et la confiance à nos employés. Il faut qu'ils soient responsables de leur travail et en contact direct avec les clients, ce qui peut parfois surprendre les jeunes qui arrivent en intérim. Si un gars estime qu'on peut finir le chantier plus tôt, on le laisse libre de le faire, à condition qu'il en informe le client. En travaillant sur des ouvrages destinés à durer dans le temps, on a aussi la fierté du travail bien fait, et l'exigence de rendre des chantiers nettoyés et propres.
Quels sont vos principaux challenges ? Vérifier que mes employés aillent bien, car il n'y a pas de performance sans bonheur. Dès la première année, nous avons fait 1,6 millions d'euros au lieu de 700.000 ?. Mon objectif est de stabiliser l'activité en 2015 pour atteindre 2 millions d'euros en 2016. Mais je ne suis pas focalisé sur les chiffres. Je mesure la réussite de l'entreprise à la création et au maintien de l'emploi.
Marie Lyan