Osmos X ouvre une antenne à Toulouse pour accélérer son projet de flotte orbitale
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Osmos X ouvre une antenne à Toulouse pour accélérer son projet de flotte orbitale

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La deeptech bretillienne Osmos X ouvre une antenne à Toulouse pour accélérer le développement de ses véhicules spatiaux capables de se déplacer en orbite en toute autonomie. Leur mission : repositionner des satellites, prolonger leur durée de vie et les surveiller. La start-up, qui participe à structurer une future filière de logistique spatiale européenne, se projette sur des revenus annuels de l'ordre de 200 millions d’euros en 2035.

La deeptech bretillienne Osmos X, dirigée par Arnaud Masson, ouvre une antenne à Toulouse pour accélérer le développement de ses véhicules spatiaux — Photo : Osmos X

C'est une nouvelle étape dans la montée en puissance d’Osmos X (18 collaborateurs). La start-up fondée en 2022 à Bruz, près de Rennes, vient d’ouvrir un établissement secondaire à Toulouse afin d’accélérer le développement de Thorus, son futur véhicule orbital réutilisable. "Toulouse, c’est l'Europe spatiale qui bat dans une seule ville. Être présents ici, c’est affirmer qu’Osmos X ne construit pas seulement une technologie, nous construisons l’infrastructure critique qui manque à l'Europe pour être autonome en orbite", affirme Arnaud Masson, PDG de l’entreprise et ancien patron technique du programme Galileo chez Thales Alenia Space.

Un ancrage à Toulouse

Toulouse concentre une grande partie de l’écosystème spatial européen. En se positionnant là-bas, avec une cinquantaine de collaborateurs à terme, Osmos X espère pouvoir s’approcher des grands donneurs d’ordre, des institutions et des industriels du spatial. Au sein de cette nouvelle implantation, la PME innovante a déjà recruté une directrice du programme Orbital Services, Émily Brageot Mattei, qui pilotera le développement opérationnel de Thorus. Elle a aussi ouvert plusieurs postes en ingénierie systèmes, propulsion et opérations orbitales.

Un ingénieur devant le propulseur plasma situé à Bruz, le centre R & D d’Osmos X — Photo : Osmos X

La répartition des rôles est désormais claire : "À Rennes, on développe la technologie de propulsion, à Toulouse on construit le véhicule", résume Arnaud Masson.

Accompagner les satellites

Osmos X développe des véhicules capables de se déplacer de manière autonome en orbite afin d’accompagner les satellites tout au long de leur durée opérationnelle. L’entreprise cible plusieurs usages : déplacer un satellite vers son orbite finale, prolonger sa durée de vie, inspecter des équipements ou encore désorbiter des débris spatiaux (en les remorquant dans le "cimetière des satellites", plus haut dans l'espace, NDLR). Le futur véhicule Thorus, alimenté en énergie par un gaz neutre, le xénon, est conçu pour transporter des charges utiles allant de 500 kg à 10 tonnes. Compatible avec les petits lanceurs européens (MaiaSpace, RFA, etc.), en cours de développement, il doit permettre de répondre à un problème croissant du secteur spatial : la saturation des capacités de lancement et la multiplication des satellites en orbite. Aujourd’hui, près de 16 000 objets gravitent autour de la Terre, dont plus de 13 000 satellites actifs. Dans ce contexte, la logistique orbitale devient un marché stratégique, estimé à 35 milliards de dollars d’ici 2030. "On est comme un camion de l’espace. Dès qu’un satellite sort du lanceur, on vient s’arrimer à lui et on le pousse", simplifie Arnaud Masson. L’idée est simple : permettre à des satellites plus petits ou moins puissants d’atteindre leur destination finale sans embarquer d’importantes réserves de carburant.

Une propulsion plasma unique en Europe

Le principal atout d’Osmos X réside dans sa technologie de propulsion plasma, développée en interne et issue de 35 années de recherche industrielle et académique. L’entreprise revendique une efficacité très supérieure aux technologies actuelles. Son moteur atteint un Isp — l’indicateur d’efficacité des propulsions spatiales — de 5 000 secondes, contre environ 300 à 450 secondes pour une propulsion chimique classique. "Une propulsion électrique consomme déjà six fois moins qu’une propulsion chimique. De notre côté, nous consommons encore trois fois moins que les technologies électriques actuelles", avance le dirigeant. Cette performance ouvre des perspectives économiques importantes. "Là où un système classique brûle plusieurs tonnes de carburant par an pour maintenir un satellite en position, nous n’en consommons que quelques centaines de kilos", souligne Arnaud Masson. Autre différence majeure : sa réutilisation. Là où beaucoup de systèmes spatiaux restent conçus pour une mission unique, Thorus doit pouvoir enchaîner plusieurs opérations pendant cinq ans.

Une trajectoire soutenue par l’écosystème spatial européen

Osmos X bénéficie du soutien de figures reconnues du spatial européen : Jean-Jacques Dordain, ancien directeur général de l’Agence spatiale européenne, et Michel Courtois, ancien directeur général adjoint de l’ESA, siègent à son comité stratégique. La start-up bretonne a déjà levé 5 millions d’euros auprès de la Commission européenne via l’EIC Pathfinder, de Bpifrance et du fonds Expansion VC. Une opération en série B (autour de 50 millions d'euros) devrait intervenir en 2028 afin d'accompagner la phase de production de ses véhicules.

Un objectif de vingt véhicules autonomes dans l’espace

Un premier démonstrateur orbital doit décoller au premier semestre 2027. Ce vol doit constituer la première démonstration européenne de propulsion plasma haute puissance en orbite. La mise en service commerciale de Thorus, elle, est attendue pour 2030. Osmos X vise une flotte d'une vingtaine de véhicules opérationnels en 2035. Dans son business plan, la deeptech se projette sur un chiffre d'affaires annuel de 200 millions d'euros à cet horizon, généré auprès d'opérateurs publics et privés de satellites.

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