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Œufs contaminés : le laboratoire SGS à pied d'œuvre pour détecter le fipronil
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Œufs contaminés : le laboratoire SGS à pied d'œuvre pour détecter le fipronil

Depuis le 11 août, le laboratoire normand SGS situé à Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime), multiplie les analyses pour détecter le fipronil, insecticide retrouvé en quantités anormalement élevées dans des œufs provenant des Pays-Bas et de Belgique.

A Saint-Etienne du Rouvray, près de Rouen, le laboratoire SGS, spécialiste international de l'inspection, du contrôle, de l'analyse et de la certification, est l'un des seuls à pouvoir déterminer avec précision les quantités de fipronil présent dans les produits à base d'œufs.

Et depuis le 11 août, date de la révélation de la contamination d'œufs en provenance des Pays-Bas et de la Belgique par cet insecticide appartenant à la famille chimique du phénylpyrazole, le laboratoire normand est à pied d'œuvre, sollicité par des industriels, des associations de consommateurs, ou encore des organismes de santé publique, tous inquiets du danger de cette contamination alimentaire et souhaitant vérifier quels produits sont concernés. En la matière, la réglementation européenne définie une quantité inférieure à 5 microgrammes par kilogramme pour le fipronil. Depuis le 24 août, le ministère de l'Agriculture a publié une liste d'aliments retirés du marché car contaminés par l'insecticide, tout en précisant que « bien que ne présentant pas de risque pour la santé, ils sont listés dans un souci d'information du consommateur ». Car, au-delà des œufs eux-mêmes ce sont tous les produits à base d'œufs qui sont potentiellement touchés. On trouve ainsi dans la liste du ministère des brownies, muffins, pommes dauphines, pâtes ou encore de nombreuses marques de gaufres.

Le laboratoire du futur pour détecter le fipronil

Traçabilité, essais, opérateurs... Toute la procédure mise en œuvre pour détecter le fipronil dans les œufs et l'ensemble des produits dérivés de l'œuf est suivie et guidée par un robot logiciel mis au point en interne chez SGS. Baptisé "@residusmanager", le robot logiciel PGIO (programme de gestion intégré des opérations) permet d'effectuer un dosage précis du fipronil. "Le logiciel va permettre, suivant son algorithme, de suivre et de guider toutes les étapes mises en œuvre dans le dosage des résidus de pesticides ou autres contaminants dans un échantillon alimentaire", explique Yvon Gervaise, directeur du laboratoire SGS multilab à Saint-Etienne du Rouvray.

Des échantillons qui arrivent en nombre au sein du laboratoire normand, en provenance de Belgique, Hollande, France, d'une dizaine d'autres pays européens, ou bien encore Hong-Kong "car le marché est mondial", insiste Yvon Gervaise qui précise : « Le problème du fipronil montre la complexité des choses. Cela remet en lumière une industrie complexe. D'autres problèmes peuvent survenir », prévient le directeur général. De fait, le ministère de l'Agriculture a annoncé vendredi 25 août être à la recherche de traces d'amitraze dans certains élevages de poules pondeuses, un insecticide pourtant interdit dans les élevages français. Utilisé pour lutter contre les parasites, l'amitraze n'a pas d'autorisation de mise sur le marché pour les volailles, « que ce soit en traitement sur les animaux » ou pour désinfecter les bâtiments, explique le ministère de l'Agriculture. Mais, contrairement au Fipronil, dont l'usage est interdit dans les productions animales, l'amitraze est autorisé comme médicament vétérinaire pour le traitement antiparasitaire des ruminants, porcs et abeilles.

Des recrutements en cours

Après un été chargé, le laboratoire normand est en plein recrutement sur des postes d'ingénieurs en chimie analytique ou spécialistes de spectrométrie de masse, et d'ingénieurs en chimie industrielle. « Si notre organisation se développe et se perfectionne, c'est qu'il répond à une nécessité et qu'il est réactif. Face à une crise comme celle du fipronil, il faut être opérationnel immédiatement et savoir s'adapter », se félicite Yvon Gervaise.

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