En passant à Saint-Guénolé, on ne peut rater le bâtiment d'Océane alimentaire. La façade de la conserverie artisanale fait face au port qui lui fournit la majorité de sa matière première: le poisson frais sauvage. Et depuis peu, l'entreprise commence à s'intéresser à d'autres ressources, comme la graisse des sardines. La petite structure (15 personnes) s'adapte, tous les jours, à la pêche des ports des environs. «On est à l'affût des démarques, ensuite on organise notre lignede production à la sardine, au maquereau, on fait aussi des algues», explique Gilles Le Guen, l'un des dirigeants, avec Marie Quéffélec. Les tables sont sur roulettes et sont disposées différemment selon le poisson qui doit être mis en boîte. Les salariés polyvalents, de la préparation des poissons à l'étiquetage en passant par l'épluchage des légumes bio utilisés dans les recettes. «L'adaptabilité est importante. On ne fait pas de l'industriel. On sort seulement 500 à 800 conserves de verre par jour.»
Épiceries fines
Le magasin à l'étage du bâtiment tourne surtout l'été, avec la vente par correspondance et le site internet, il représente 35 à 45% du chiffre d'affaires d'environ 1,3M€. On y trouve des conserves, de sa marque principale Belle Bretagne, mais aussi d'autres produits en lien avec la mer. L'été est la saison plus importante avec l'arrivée des touristes. Des visites d'entreprise sont d'ailleurs organisées. Le reste du chiffre d'affaires se fait dans des magasins en France. «Des épiceries fines et des spécialistes du bio. Surtout pas dans la grande distribution.» Car Gilles Le Guen insiste: «On reste volontairement petit. On ne veut pas grandir!» Océane alimentaire se veut artisanale, loin du process industriel. «Nous n'avons aucun poisson surgelé qui viendrait de l'autre bout du monde», ajoute-t-il. Une méthode qui peut parfois poser problème pour les clients. Les stocks partent vite. «On leur explique que les poissons aussi ont des saisonnalités. En général ça se passe bien. Surtout qu'à chaque campagne, on essaie de faire du stock pour toute l'année.»
Les ressources de la mer
La R & D est assez rudimentaire, mais présente. Une vraie volonté de la part des dirigeants: «Nous nous intéressons à tout ce qui touche à la mer». Des salariés sont partis s'informer sur le plancton, très présents dans la baie d'Audierne, un microscope a été installé pour qu'ils continuent leurs travaux. «Nous avons aussi embauché un ingénieur de l'agroalimentaire, commencé des travaux sur la graisse de la sardine, les écailles aussi.» Pour l'instant, aucune application industrielle n'est sortie mais ils continuent à chercher. «On investit prudemment. Mais le développement de Penmarch ne viendra que de nous. Il n'y aura pas de riches mécènes étrangers. Donc on réfléchit», ajoute Gilles Le Guen.
Océane Alimentaire
(Saint-Guénolé) Dirigeants: Marie Queffélec et Gilles Le Guen 15 salariés 1,3million d'euros de chiffre d'affaires 02 98 58 43 04