Pas-de-Calais
Nutriearth industrialise sa production de vitamine D3 issue de vers de farine
Pas-de-Calais # Agroalimentaire # Investissement industriel

Nutriearth industrialise sa production de vitamine D3 issue de vers de farine

S'abonner

La start-up Nutriearth inaugure à Carvin, dans le Pas-de-Calais, son nouveau siège et atelier de production de vitamine D3 issue de vers de farine, à destination de l’alimentation humaine et animale. Forte d’un procédé breveté, elle nourrit de belles ambitions en Europe et au-delà, en particulier sur le marché des produits nutraceutiques, autrement dit des compléments alimentaires.

Nutriearth a installé à Carvin (Pas-de-Calais) son siège et son atelier de production de vitamine D3 à partir de vers de farine — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Née à Lille, la start-up industrielle Nutriearth vient d’inaugurer ses nouveaux locaux d’environ 1 800 m² à Carvin, dans le Pas-de-Calais. Ils abritent le siège de la jeune pousse, ses 16 collaborateurs (CA non communiqué), ainsi qu’un atelier flambant neuf de production de vitamine D3, à partir de vers de farine.

2 à 3 millions d’euros investis

NutriEarth a engagé un investissement total de 2 à 3 millions d’euros pour aménager le bâtiment dont elle est locataire, puis y installer deux ateliers de production de vitamine D3, l’un destiné à l’alimentation animale et l’autre, humaine.

La start-up se fournit en vers de farine auprès d’élevages situés en France (à Clermont-Ferrand), au Portugal et en Norvège. À partir de cette matière première, elle produit une farine et une huile, riches en vitamine D3. Le tout, grâce à un procédé breveté et à destination de deux marchés : la nutraceutique et l’industrie agroalimentaire. "Nos produits peuvent entrer dans la fabrication de madeleines ou de compotes enrichies en vitamine D, distribuées dans les cantines scolaires ou les Ehpad", illustre Jérémy Defrize, l’un des cofondateurs.

Une levée de fonds en cours

La start-up a financé ces installations grâce à une levée de fonds de 7,5 millions d’euros, bouclée courant 2024. Au terme de cette opération, Nutriearth est passée sous le contrôle de fonds d’investissement, les trois fondateurs détenant désormais près de 30 % du capital. Une autre levée de fonds de 3 millions d’euros devrait être bouclée d’ici la fin de l’année, ou début 2026. Elle permettra de porter l’effectif à une vingtaine de salariés, tout en laissant le temps à cette filière relativement jeune de prendre son envol.

Une vue de l’huile enrichie en vitamine D3, produite par Nutriearth, qui vise particulièrement le marché des produits nutraceutiques — Photo : Elodie Soury-Lavergne

Sur le marché moins réglementé de l’alimentation animale, Nutriearth dispose d’une capacité de production de 30 à 40 tonnes par an et compte déjà des clients. Mais son principal débouché sera celui de l’alimentation humaine : sa farine a obtenu le feu vert de l’Europe en janvier 2025. Pour l’huile, les dossiers d’autorisation sont en cours. "La levée de fonds nous permettra d’attendre cette deuxième autorisation, puis la montée en puissance des commandes, tout comme celle de nos fournisseurs de vers de farine, qui sont aussi de jeunes entreprises", souligne Jérémy Defrize. Pour l’alimentation humaine, Nutriearth affiche une capacité de 800 à 1 000 tonnes d’huile par an.

Rentable dès 2027

La vitamine D3 de Nutriearth se distingue de celles déjà présentes sur le marché — et essentiellement produites en Chine — par son aspect responsable. "La vitamine D3 actuelle est extraite de laine de mouton, d’algues, de lichen ou de pins, à grand renfort d’eau et de solvants. La nôtre est générée à partir de la poudre ou de l’huile de vers de farine, simplement grâce à une exposition aux rayons UV, copiant un processus naturel", résume le cofondateur.

Nutriearth vise tout particulièrement le marché des produits nutraceutiques, qui offre de belles perspectives en termes de marges. La jeune pousse prévoit de réaliser un chiffre d’affaires d’1,5 à 2 millions d’euros en 2026, puis de le multiplier par deux ou par trois chaque année, tout en étant rentable dès 2027. Si elle démarre son activité sur le marché européen, elle cible déjà les États-Unis et le Canada, ainsi que le Japon et la Corée.

Pas-de-Calais # Agroalimentaire # Investissement industriel # Créations d'emplois # Innovation # Made in France # Start-up
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise NUTRI'EARTH