Après une cure d'amaigrissement qui le réduit aujourd'hui à un effectif de 218 personnes et 17M€ de CA contre 444 salariés et 43M€ fin 2007, Olivier Noyon respire. Le P-dg du groupe éponyme a reçu le 18mars l'aval du tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer pour entamer son plan de continuation. Un plan qui prévoit un équilibre à la fin de l'année et l'apurement partiel des dettes, sans licenciement. Deux autres offres étaient sur le bureau de l'administrateur judiciaire: celle du cabinet Bernard Krief Consulting (qui n'est pas venu la défendre), et celle du dentellier caudrésien Holesco. Arrivée hors délai, cette dernière n'a pas été examinée. Son offre prévoyait la reprise, pour 1M€, d'un périmètre réduit aux métiers à tisser et à tricoter et laissant les actifs immobiliers et fonciers au liquidateur judiciaire. Dans son plan de reprise, Romain Lescroart le dirigeant d'Holesco prévoyait une activité de 11,4M€ pour 2010 et un résultat net de 346K€. «Personne n'a voulu entendre la vérité», a-t-il déploré en sortant du tribunal. Dans son plan de continuation, Olivier Noyon croit en un rétablissement du marché. «La société a la bonne taille pour redémarrer quand la reprise sera là. On ne fait pas de prévisions uniquement avec des tableaux», a-t-il plaidé à l'issue du jugement, qualifiant de traîtrise la proposition d'Holesco.
Plus de droit à l'erreur
Le dentellier calaisien s'est jugé suffisamment solide pour s'en sortir. En tablant sur une reprise des commandes en lingerie-corsetterie de «10 à 12%» en 2010, Olivier Noyon prend néanmoins un pari très risqué. Pour l'instant, Noyon retrouve une certaine crédibilité. Mais tout défaut de paiement dans l'année le conduirait en liquidation. Parallèlement à cet épisode judiciaire, la teinturerie Bellier appartenant à Noyon s'est positionnée pour fusionner avec Desseilles Color, filiale de Desseilles qui a été placée en redressement judiciaire début mars. Sous le nom de Colorbiotech, une seule teinturerie devrait ainsi émerger à Calais sur le site de Desseilles. L'ancien site de Bellier sera laissé aux créanciers.
En redressement judiciaire depuis octobre2008, le dentellier calaisien aligne les pertes et creuse son passif depuis une décennie. Toutefois, son plan de continuation a été accepté par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer.