Nouveau président de la FFB, Frédéric Carré ne voit pas de sortie de crise dans le bâtiment en France
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Nouveau président de la FFB, Frédéric Carré ne voit pas de sortie de crise dans le bâtiment en France

Baisse de l’activité, 55 000 emplois détruits en moins de quatre ans, des trésoreries qui se tendent et pas de signe de reprise en vue. Pour sa première conférence de presse, le nouveau président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Frédéric Carré, dresse un tableau très sombre.

Frédéric Carré, président de la Fédération Française du Bâtiment — Photo : DR

"On ne voit toujours pas la sortie de la crise". Quatre jours après sa prise de fonction à la présidence de la Fédération française du bâtiment (FFB), Frédéric Carré a dressé, ce mardi 23 juin 2026, un tableau très sombre de la situation de la construction.

L’activité continue de reculer

Entre 2022 et 2025, le chiffre d’affaires du secteur (193 Md€ en 2025) a fléchi de 12 % en France. La production retrouve le niveau qui était le sien lors de la crise de la fin des années 1990.

Cela a évidemment des répercussions sur l’emploi. Le bâtiment a perdu 19 000 salariés sur un an et 55 000 depuis la fin 2022. "On craint que ça décroche de façon plus importante", confie Frédéric Carré, rappelant que le bâtiment avait perdu 300 000 emplois à la fin des années 90. Aujourd’hui, les 450 000 entreprises du secteur emploient 1,7 million de personnes.

Tous les segments du bâtiment impactés

Les espoirs d’un rebond du secteur en 2026 sont aujourd’hui déçus. "On estime au mieux à 321 000 mises en chantier le rythme annuel en 2026, sur la base des quatre premiers mois, encore 35 000 unités en deçà de la moyenne des quarante dernières années", indique le président de la FFB.

Tous les segments de marché sont concernés. Dans le neuf (39 % du CA du secteur), le rebond des ventes des constructeurs de maisons individuelles se tassant, l’organisation patronale table désormais "sur une baisse probable" de l’activité dans les prochains mois. Pour les promoteurs immobiliers, "on touche aux plus bas historiques sur le segment des particuliers", constate Frédéric Carré. Dans le non résidentiel, le secteur souffre suite aux élections municipales, avec une chute de 19 % en quatre mois des autorisations de construire de bâtiments administratifs.

Le marché de l’entretien rénovation (61 % du CA) ne s’en tire pas mieux. Il connaît son sixième trimestre consécutif de baisse d’activité (-2,6 % en volume au premier trimestre 2026).

"Les entreprises souffrent"

Le repli de l’activité impacte les entreprises. Entre la hausse des coûts des matériaux générée par le conflit au Moyen-Orient et l’allongement des délais de paiement, "les entreprises souffrent", assure Frédéric Carré. Le président de la FFB anticipe 13 000 défaillances d’entreprises dans le secteur, un niveau élevé, équivalant à 2025.

"Il y a des écarts très importants entre les objectifs du gouvernement et les moyens. Le gouvernement vient ainsi d’annoncer une nouvelle réduction des budgets de MaPrimeRénov' et du Fonds vert. Une décision incompréhensible !"

Pour tenter de contrecarrer cette tendance, le président de la FFB estime que "le versement d’intérêts moratoires doit devenir systématique en cas de retard de paiement". Et d’ajouter : "les maîtres d’ouvrage publics ont une responsabilité sur la pérennité des entreprises du bâtiment."

Malgré le contexte défavorable, "le gouvernement écorne de nouveau les allègements de charges". Le gel des allègements de charges sur les bas salaires, faisant suite à la hausse du Smic au 1er juin "alourdit de 170 millions d’euros le coût du travail dans le bâtiment", déplore Frédéric Carré.

Un plan de relance du gouvernement menacé

Pourtant, le gouvernement avait fait preuve de volontarisme ces derniers mois, en dégainant par exemple en avril son plan "Relance logement" visant la construction de deux millions de logements d’ici à 2030. Pour le président de la FFB, les objectifs de ce plan "sont déjà menacés".

Frédéric Carré tacle "les écarts très importants entre les objectifs du gouvernement et les moyens" mis en place. Sur le marché de la rénovation, le gouvernement compte ainsi rénover 4 millions de logements d’ici à 2035. Mais il "vient d’annoncer une nouvelle réduction des budgets de MaPrimeRénov' (-300 millions d'euros) et du Fonds vert (-168 millions d'euros). C’est une décision incompréhensible !", fustige Frédéric Carré qui demande des mesures pour soutenir le marché.

Les demandes de la FFB

Le président de la FFB estime que la prochaine Loi de finances ne devra pas remettre en cause le prêt à taux zéro, ni le niveau de la Réduction de loyer de solidarité. Il importe aussi pour le président de la FFB d’assouplir le dispositif Jeanbrun, ce cadre fiscal pour l’investissement locatif privé, en élargissant le statut de bailleur privé aux maisons individuelles dans l’ancien.

C’est ce qu’a fait l’Assemblée nationale en votant fin mai la proposition de loi portée par Valérie Létard. Frédéric Carré espère que le Sénat en fera de même. Il espère par ailleurs que l’État tiendra ses engagements en publiant les textes d’application de la TVA à 5,5 % sur les pompes à chaleur air-air.

"Les besoins en logement des Français sont là"

Assouplissements pour la RE2020, clarification des conditions du programme national de renouvellement urbain Anru 3, élargissement de MaPrimeRénov', accessibilité du marché du crédit immobilier… Les sujets ne manquent pas pour tenter de relancer un secteur. Un secteur qui a pour lui un atout : "Les besoins en logement des Français sont là", rappelle Frédéric Carré.

Ce dernier compte bien évoquer ces sujets avec l’ensemble des candidats à la prochaine élection présidentielle. Il leur donne notamment rendez-vous le 19 novembre prochain au Sommet de la Construction, qui se déroulera à Paris.

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