« La frappe à froid est au coeur de notre savoir-faire, elle permet de déformer les pièces en maintenant la fibre du métal et donc sa résistance », explique Laurent Dupont, le DRH. L'entreprise emploie 28 frappeurs à froid. La moitié sera à la retraite dans dix ans. « Il n'y a plus de formation en France. J'ai donc deux solutions : soit je les prends à mes concurrents et confrères, et c'est la guerre avec à la clé une inflation des salaires, avec de toute façon un problème d'âge identique chez tout le monde, soit nous cherchons une solution pour former des gens ». Laurent Dupont a choisi la deuxième option. Depuis 2012, il travaille donc d'arrache pied à créer une école de frappe à froid. École qui vient d'ouvrir ses portes avec 10 élèves, au sein de l'AFPI à Saint-Étienne, avec le soutien de l'ADEFIM, de l'UIMM, Pôle Emploi, du Crepi, des missions locales et de la Région.
Formation sur deux ans
« Nous avons monté un programme, en alternance, sur deux ans, avec à la clé un CQPM (certificat de qualification paritaire de la métallurgie) de conducteur de machines et un CQPM d'opérateur frappe à froid ». Une formation gratuite pour les postulants, payés au SMIC. Le coût (17.000? par personne/an) étant porté par les partenaires. « Il n'y a pas de prérequis de niveau. Simplement être motivé, avoir envie de sortir du chômage. Nous avons évalué leurs capacités intellectuelles et leur dextérité ». Avant de se lancer « pour de vrai », Laurent Dupont avait testé son programme sur ses propres frappeurs. Ces derniers ont ainsi pu monter en compétence. Grâce à ses résultats probants et à sa combativité, le DRH a réussi à convaincre deux autres entreprises : Valette et Gaurand et Federal Mogul. Les trois entreprises se répartissent ainsi les 10 stagiaires, dans l'optique évidemment, de les recruter à la fin de leur formation s'ils ont fait leurs preuves. D'autres entreprises devraient rejoindre le projet dès l'année prochaine. « À ce rythme, dans dix ans, en prenant en compte les abandons et les échecs, j'aurai ainsi pallié à mes besoins », se réjouit Laurent Dupont.