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"Nous avons rendu le métier de dératiseur héroïque"
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"Nous avons rendu le métier de dératiseur héroïque"

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À la tête de NetConcept, Walter Mendes avait toutes les peines du monde à recruter des dératiseurs pour sa filiale dédiée. Un travail de fond sur la marque employeur, une stratégie originale de communication et un processus de recrutement avec une immersion de trois jours en entreprise, lui ont permis de trouver les bons candidats.

Barbara Hilsz et Walter Mendes sont assez contents du petit effet produit par leur "Flash Mobile" — Photo : Pascale Schaeffer

Walter Mendes est parti d’un constat. "On ne devient pas dératiseur par vocation !" Autant, trouver des cordistes pour NetConcept (le groupe qui compte trois sociétés emploie 35 salariés et réalise 3,7 M€ de CA), son entreprise de nettoyage en hauteur basée à Eschau dans le Bas-Rhin, ne posait pas de problème, autant recruter pour son entreprise de dératisation relevait du challenge permanent.

Un métier peu sexy

Le Permis B obligatoire, des a priori, la manipulation de produits chimiques dans des milieux parfois hostiles pouvaient rebuter les candidats. "On utilise de moins en moins de chimie et de plus en plus de méthodes douces telles que l’anti-intrusion. Et nous sommes équipés", précise Walter Mendes qui se heurtait également à la problématique du salaire. Autant d’éléments bloquant pour recruter.

En 2017, le recours à une stratégie de communication audacieuse, confiée à l’agence strasbourgeoise My Client is Rich, puis l’embauche d’une responsable des ressources humaines en 2018, Barbara Hilsz, a changé la donne. L’esprit décalé de l’agence a, dit-il, "permis de modifier le regard sur le métier". NetConcept 3D devient donc Flash Guards. La référence au héros de l’univers de DC Comics, "Flash, rapide comme l’éclair", est à la hauteur de la mission de cette nouvelle identité. "Nous avons rendu le métier de dératiseur héroïque", raconte le dirigeant.

Un jeu vidéo sur les réseaux pour décrocher un entretien

Dans le même temps, un jeu-concours est organisé sur les réseaux sociaux. "C’était une sorte de jeu Pac-Man. Il fallait engranger un certain nombre de points pour décrocher un entretien. Nous avons réceptionné des dizaines de candidatures", explique Walter Mendes.

En parallèle, l’entreprise a elle-même fait évoluer son regard sur ses futurs collaborateurs. "Nous avons quitté l’idée du CV idéal et nos croyances limitantes. Nous nous sommes ouverts aux CV atypiques", raconte Barbara Hilsz. Mais surtout, Flash Guards a inscrit un stage d’immersion de trois jours, obligatoire, dans son parcours de recrutement. Des conventions de stages sont établies avec France Travail pour les postulants sans emploi. Et si le candidat est en poste, il intègre l’entreprise dans le cadre d’une convention avec France Travail au titre du dispositif CEP (Conseil en évolution professionnelle). Il lui est demandé de poser trois jours de congé.

"Nous avons inscrit un stage en immersion obligatoire de trois jours dans le processus de recrutement"

Accompagnés par trois salariés, les candidats sont évalués in situ sur leur habileté et leurs compétences générales, et sont directement confrontés au métier. "Nous ne vendons pas du rêve, c’est du gagnant-gagnant, insiste Barbara Hilsz. "La période d’essai commence en quelque sorte avant d’avoir signé le contrat", convient Walter Mendes. La démarche, "plus efficace", a aussi l’avantage, pour l’employeur, de ne rien lui coûter.

L’entreprise se félicite ainsi d’avoir pu recruter parmi des publics en reconversion "un serveur, un géologue, un boulanger et même un prothésiste dentaire". "La contrepartie, c’est qu’il a fallu former", rappelle Walter Mendes. "La première année est la plus dure, c’est aussi la durée de la formation en interne. Mais en 4 mois, un collaborateur va déjà pouvoir gérer 80 % des opérations", estime-t-il.

La cooptation rémunérée jusqu’à 1 000 euros

L’entreprise a par ailleurs mis en place des mesures incitatives de primes "qui peuvent aller jusqu’à 5 000 euros par an", poursuit le dirigeant qui rémunère également la cooptation. Un salarié qui adresserait un futur aspirant peut toucher jusqu’à 1 000 euros dans les 18 mois si l’essai est confirmé.

Non seulement Flash Guards réceptionne des candidatures, mais l’entreprise a également réduit de manière significative son turn-over, affirme-t-elle. Walter Mendes a depuis étendu son dispositif de recrutement à ses deux autres sociétés, NetConcept et Panoramen. Aujourd’hui, les trois entreprises comptent 35 salariés, Flash Guards en mobilise dix. Pac-Man le mangeur de gloutons a été remisé. Les héros de Flash Guards sont au complet. Et le recrutement ne semble plus être un souci. "Notre dernière offre d’emploi a attiré 38 candidatures", affirme Walter Mendes.

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