Aber Propreté agrandit son réseau d’agences, avec une nouvelle implantation au Havre depuis le printemps dernier. Quels sont vos objectifs là-bas ?
Notre volonté est de développer une agence autonome avec sa direction, son équipe administrative et ce que nous appelons, dans notre métier, des responsables de secteur. Ils sont l’interface essentielle entre nos clients et nos collaborateurs. Une nouvelle agence, cela représente entre 100 et 500 emplois supplémentaires. Au Havre, on espère dépasser les 100 collaborateurs d’ici deux ans.
"Notre force, c'est un taux d'encadrement élevé."
Quelles activités porte votre groupe ?
Aber Propreté, c’est l’entretien courant de locaux, le nettoyage de vitres, de bardages, la remise en état de sites. Nous intervenons beaucoup dans le tertiaire, avec des clients comme La Poste, mais aussi dans l’industrie, la santé, la logistique ou la distribution. Aujourd’hui, nous comptons 38 agences réparties sur l’ensemble du territoire : de Brest à Caen et de Dijon à Perpignan. Chaque jour, nous suivons environ 7 000 chantiers.
Notre force, c’est un taux d’encadrement élevé : nous tenons à ce que nos animateurs et responsables de secteur connaissent bien leurs équipes comme leurs clients, pour instaurer une véritable relation de confiance.
Nous avons également une filiale, Top Services, spécialisée dans les communs d’immeubles et les collectivités : sorties et entrées de poubelles, dératisation, désinfection, remise en état après travaux… Pour l’instant, elle est implantée uniquement dans le Finistère, mais son développement hors de ce périmètre est à l’étude.
Vous arrivez au Havre. Vous avez aussi ouvert une antenne à Cognac en 2024. Comment choisissez-vous vos lieux d’implantation ?
Le développement se fait avant tout en fonction des besoins du terrain et des projets de nos équipes. On préfère renforcer notre présence dans certaines régions plutôt que de s’éparpiller. Cognac, par exemple, c’est une création pure, une croissance organique. On s’adapte à notre carte et à la dynamique des collaborateurs.
Comment vos agences fonctionnent-elles, d’un point de vue opérationnel ?
Chaque agence fonctionne de manière assez autonome, un peu comme une petite entreprise dans l’entreprise. Le directeur d’agence a une triple mission : développer le chiffre d’affaires, assurer la rentabilité et manager ses équipes en cohérence avec nos valeurs. Ce modèle fonctionne bien car il repose sur la connaissance fine du territoire.
"Ce que nous voulons, c'est de la proximité réelle avec nos clients et nos collaborateurs."
Votre maillage du territoire va-t-il encore s’étendre ?
Notre objectif n’est pas d’avoir un point dans chaque grande ville juste pour dire que nous sommes présents partout. Ce que nous voulons, c’est de la proximité réelle avec nos clients et nos collaborateurs. Cela passe par des agences départementales solidement ancrées dans le tissu économique local. C’est cette présence de terrain qui nous rend utiles et nous permet de bâtir des relations durables.
Aber Propreté fête ses 50 ans cette année. Quels nouveaux défis vous attendent ?
Mon objectif, c’est de construire une entreprise solide et indépendante à la fois financièrement et d’un point de vue capitalistique. On privilégie l’autofinancement, que ce soit pour la croissance organique ou la croissance externe. Et je reste toujours à l’écoute pour de nouvelles opportunités de rachat. On avance prudemment, en restant fidèles à nos valeurs.
Vous insistez beaucoup sur le respect de vos collaborateurs. Comment cela se traduit-il ?
Nous ne sommes pas une entreprise d’insertion, mais nous portons une vocation sociale très forte. Nos responsables de secteur accompagnent nos agents bien au-delà du simple management. Parfois, cela dépasse le cadre habituel de l’encadrement. C’est une manière de faire qui reflète profondément notre culture d’entreprise.
Vous valorisez également la fidélité…
Oui. Récemment, nous avons remis 16 médailles du travail, représentant plus de 360 années d’ancienneté cumulée. La moitié des récipiendaires étaient des agents de propreté. Au-delà de la reconnaissance symbolique, nous avons associé une gratification financière. C’est notre manière de saluer l’engagement et la fidélité dans la durée.
Vous avez lancé il y a peu une application mobile pour vos collaborateurs. Quel en est le principe ?
C’est une innovation digitale majeure, pensée pour simplifier le quotidien de nos agents, souvent en autonomie chez nos clients. L’application permet de consulter son planning, pointer directement depuis son téléphone, signaler une anomalie, accéder à ses documents RH et échanger avec son manager. Elle centralise ainsi les fonctions essentielles pour mieux organiser la journée de travail. Nous avons investi 1 million d’euros dans cet outil, proposé dès l’embauche, afin de simplifier les démarches administratives et favoriser une intégration rapide et fluide.