Aber Propreté, la petite entreprise devenue un acteur national du nettoyage industriel
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Aber Propreté, la petite entreprise devenue un acteur national du nettoyage industriel

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De la société Bret Net née à Brest à Aber Propreté établie en région rennaise, l'entreprise de nettoyage industriel a bien grandi, fédérant aujourd'hui 4 000 salariés. L'empreinte du breton est désormais nationale. Sa montée en gamme sur son métier, sa gestion rigoureuse et son management font partie des clés du succès de cette ETI qui fête ses 50 ans en 2025.

Des agents de propreté travaillant pour la société Bret Net, reprise dans les années 1980 par Chantal et Dominique Gadonneix — Photo : Aber Propreté

La société bretillienne Aber Propreté (4 000 salariés, 77 M€ de CA en 2024), spécialisée dans le nettoyage des sites de travail (industrie, logistique, supermarchés…), poursuit sa marche en avant. L’ETI vient d’ouvrir une nouvelle agence au Havre, en Normandie. À la clef : 100 créations d’emplois attendues. L’entreprise compte désormais 38 agences dans les deux-tiers de l’Hexagone : Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Pays de la Loire… Chaque jour, ses collaborateurs œuvrent sur 7 000 chantiers parallèles.

La société bretonne, née en 1975 à Brest avant d’établir son siège en région rennaise à la fin des années 1990, n’en finit plus de grandir et voit les choses en grand. Pour son cinquantième anniversaire, qu’elle fête cette année, elle a organisé une grande réception au Centre des congrès de Brest, en juin, dans la ville où tout a commencé. De plus petits événements sont aussi organisés dans ses sites de proximité en parallèle. "L’idée est de célébrer les 50 ans de l’entreprise avec toutes les équipes, sans exception. Ce sont les agents de propreté qui font vivre la société, on leur doit cette reconnaissance", exprime la présidente de l’entreprise, Sophie Gadonneix.

Un métier à professionnaliser

La dirigeante de 37 ans incarne la deuxième génération des Gadonneix aux commandes de l’entreprise. C’est en 1983 que ses parents, Chantal et Dominique Gadonneix, reprennent Aber Propreté qui porte alors le nom de Bret Net, diminutif de Bretagne Nettoyage. L’entreprise est née quelques années plus tôt, en 1975, sous l’impulsion de Pierre Cap.

"[Au début des années 80], la qualité dans le nettoyage n’existait quasiment pas, l’image du métier n’était pas très bonne. Les salariés n’avaient pas de matériel moderne ni d’habits spéciaux…"

Dominique Gadonneix, ancien dirigeant d’Aber Propreté

À cette époque, la part de l’autonettoyage en France est de l’ordre de 75 %. Le nettoyage industriel planifié tel qu’on le voit aujourd’hui dans tous les sites de travail n’existait pas encore. Dès leurs débuts, les repreneurs affirment une vision claire : professionnaliser un secteur encore marginal en lui apportant de la rigueur, du respect et une image nouvelle.

Dominique Gadonneix, ancien président d’Aber Propreté — Photo : Aber Propreté

"La qualité dans le nettoyage n’existait quasiment pas, l’image du métier n’était pas très bonne. Les salariés n’avaient pas de matériel moderne (balayeuses, autolaveuses…), ni d’habits spéciaux. Certaines voitures avaient même des trous dans le plancher…", se remémore Dominique Gadonneix. Très vite, le couple investit dans du matériel, des vêtements de travail pour leurs équipes… et des voitures neuves !

Un projet de transformation ambitieux

Bret Net, lorsqu’elle est reprise, compte alors deux agences, à Brest et Quimper, et 50 salariés à temps partiel. Cette base modeste, mais déjà bien implantée localement, marque le début d’un projet de transformation ambitieux, mêlant vision humaine, rigueur économique et structuration progressive.

Les débuts ont été difficiles, l’équipe d’encadrement était quasi inexistante. Un homme, débauché à la concurrence par Dominique Gadonneix, va prendre les choses en mains : Marcel Jourden, qui travaillait alors comme commercial. "Dès son arrivée, il joue un rôle central dans la structuration de l’entreprise. Il prend en charge les devis, l’organisation technique des chantiers, la gestion des équipes, tout en apportant sa rigueur de travail", raconte Dominique Gadonneix. Ce dernier se concentre lui sur le développement commercial.

Des camionnettes siglées Bret Net, dans les années 1980 — Photo : Aber Propreté

Il signe l’industriel brestois Meunier comme client significatif. À la partie comptable, Chantal Gadonneix fait preuve, elle, d’une gestion au cordeau. "Parfois jusqu’à 4 heures du matin, je comptais et recomptais les stylos, les timbres et les disquettes. Personne n’avait de stylo neuf s’il ne me rendait pas un stylo vide", sourit-elle.

Balayeuses, autolaveuses et autres véhicules dédiés

Sur cette base de renouveau, et après un assainissement des comptes, la PME peut enclencher la marche en avant. Centrée sur le monde industriel en premier lieu, elle s’ouvre à de nouveaux marchés : ceux du tertiaire, de la santé ou de la grande distribution. Le rachat de Top Services à Brest, en 1990, à la barre du tribunal de commerce, va lui permettre d’appuyer plus fort sur la diversification. L’entreprise travaille principalement pour les immeubles et copropriété de Brest : communs d’immeubles, entrées-sorties de poubelles, désinfection, remise en état après travaux, ramonage… Un savoir-faire (et une marque) qui perdure aujourd’hui au sein du groupe.

À la conquête du Grand Ouest

Chemin faisant, l’entreprise gagne de nouveaux marchés et décide d’élargir ses bases sur toute la Bretagne, voire plus. Ainsi, les agences de Nantes, en 1994, Vannes, en 1996 et Saint-Brieuc, en 1998 voient le jour tour à tour. En novembre 1998, le transfert du siège social de Brest vers Rennes (Saint-Jacques-de-la-Lande) est acté.

Le siège social d’Aber Propreté à Saint-Jacques-de-la-Lande en région rennaise — Photo : Baptiste Coupin

Les années 2000 sont marquées par un maillage plus fin du territoire. Parallèlement, une vague de rachats s’opère. "En 2009, mon père a racheté trois sociétés en Corrèze qui représentaient entre 30 et 40 % du chiffre d’affaires du groupe. C’est là que l’entreprise a pris un virage national", retrace Sophie Gadonneix.

Sophie Gadonneix pour incarner le futur

Entrée dans l’entreprise en 2012, la dirigeante devient la nouvelle présidente de l’entreprise en 2018. Ses parents lui ont laissé 60 jours pour se préparer à la fonction. La jeune femme ne cille pas : elle connaît la maison de fond en comble. Avant d’en prendre les rênes, elle a travaillé aux achats, ainsi qu’à la gestion du système qualité jusqu’à la gestion de la sécurité au travail.

Sophie Gadonneix, présidente d’Aber Propreté — Photo : Baptiste Coupin

Devant les collaborateurs, pour le 50e anniversaire de l’entreprise, Sophie Gadonneix a dessiné le futur : "Mon objectif est de développer cette entreprise en pérennisant ses valeurs et en gardant son âme, de travail collectif, de convivialité et de respect entre tous." Bien travailler ensemble, et favoriser la qualité de vie au travail sont des valeurs que la dirigeante veut continuer de défendre. L’investissement dans une application mobile dédiée aux collaborateurs, pour favoriser les échanges, rentre dans ce cadre. Aber Propreté a investi pas moins d’un million d’euros dans cet outil.

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