Yvon Grosso
, président de l'UPE 06
Quelle est la situation actuelle du département?
Depuis septembre, c'est un véritable coup d'arrêt. Et à l'heure du bilan, les chiffres vont aller dans le mauvais sens... C'est inquié
tant, car c'est une tendance lourde, on est passé dans le rouge. Pour l'instant, seul le BTP accuse une perte à deux chiffres. Mais les autres secteurs vont suivre, le décrochage est flagrant. 2012 sera peut-être sauvée grâce à 2011... Les chiffres ne seront peut-être pas catastrophiques, mais je reste inquiet par rapport à 2013: c'est du jamais vu, et c'est général. Tout se grippe. Notre système politique s'essouffle, il faut le rénover, faire entrer la société civile à l'Assemblée, faire preuve d'ouverture et de vraie démocratie. Il n'y a qu'à voir le succès du mouvement des Pigeons. C'est un signe, parmi d'autres. Il faut que ça change.
Pourquoi ce mauvais cap?
Parce que la politique du gouvernement ne rassure pas, elle n'offre aucun espoir, ne donne pas l'envie de réembaucher ou d'investir. Elle ne rassure pas non plus les investisseurs étrangers qui voudraient s'installer en France. Une législation lourde, une fiscalité qui devient confiscatoire, encore des lois en préparation: comment pourrait-on, par exemple, forcer une entreprise à rester en France tant qu'elle ne trouve pas un repreneur, alors que pour trouver ce repreneur, il faudrait proposer une fiscalité attractive? Or, nous avons la fiscalité la plus élevée au monde...
Vous représenterez-vous en juin prochain à la tête de l'UPE 06?
Franchement, je n'en sais rien. Ce que je veux, c'est terminer mon programme. S'il est une chose qu'on ne réussira pas à concrétiser d'ici là, c'est notre idée de "Maison de l'Entrepreneur", pour mutualiser nos forces, tous syndicats confondus. Les gens ne sont pas prêts... Mais je ne perds pas espoir. Pour l'heure, je me concentre sur l'IFSC (institut de formation civique et sociétale). Tout devrait s'accélérer en 2013. Il faut continuer à fédérer, à croire en l'entreprise. La pédagogie, l'explication, c'est du passé. Il va falloir agir.
- TROIS QUESTIONS