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Nataïs investit 16 millions d’euros dans de nouvelles capacités de stockage à grains
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Nataïs investit 16 millions d’euros dans de nouvelles capacités de stockage à grains

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Le leader européen du pop-corn, qui fête ses 30 ans, poursuit la modernisation de son site de production. Il axe aussi son développement sur les méthodes issues de l’agroécologie, en incitant son réseau de 200 agriculteurs à en adopter les bonnes pratiques.

Michael Ehmann, président fondateur de Nataïs (au centre), encadré par son fils Jonah et sa fille Célia, qui dirigent tous deux des branches de l’entreprise — Photo : Nataïs

Le leader européen du pop-corn Nataïs (150 collaborateurs, CA 2023 : 80 M€), basé sur le Domaine de Villeneuve à Bézéril (Gers), mobilise une enveloppe de 16 millions d’euros, sur la période 2024-2030, pour se doter de nouvelles capacités de stockage à grains de maïs, qui se montent aujourd’hui à 52 000 tonnes. “Pour absorber les volumes et répondre aux besoins commerciaux que nous nous sommes fixés, nous allons ajouter 9 000 tonnes pour la récolte de 2024, puis 15 000 tonnes l’année prochaine, détaille Jonah Ehmann, directeur des opérations agronomiques de Nataïs et fils du président fondateur de l’entreprise Michael Ehmann. Le projet, tel que nous l’avons conçu, permettra encore d’ajouter 18 000 tonnes supplémentaires mais ce sera en fonction de l’évolution de l’activité.” En parallèle, la société va fermer une partie de ses installations actuelles de stockage, louées hors de son site de production, et qui représentent 6 000 à 7 000 tonnes.

Le Domaine de Villeneuve, à Bézéril, où siège l’entreprise Nataïs — Photo : Nataïs

7 millions d’euros destinés à la modernisation des infrastructures

Ce nouvel investissement d’ampleur succède à celui qui a vu Nataïs consacrer 7 millions d’euros à la modernisation de ses infrastructures (nouveaux quais de chargement et nouveau bâtiment de bureaux et d’espaces communs notamment) en 2023-2024 et à l’enveloppe de 3,5 millions d’euros (2023-2025), avec l’appui du plan France Relance, destinée à la modernisation de son outil de production de sachets de pop-corn micro-ondables, avec des machines automatisées. Nataïs achèvera par ailleurs à la fin de l’année la construction d’une chaudière biomasse (un investissement de 500 000 euros) qui fonctionnera en mode circulaire. “Elle viendra remplacer une grande partie des chaudières à gaz, qui servent principalement à la ventilation du maïs dans les silos”, explique Célia Ehmann, directrice du développement et de la communication de l’entreprise et fille du fondateur.

90 % de la production vendue à l’export

Trente ans après sa création par l’Allemand Michael Ehmann sur ces terres agricoles du Gers achetées par son père en 1981, à la suite d’une expropriation dans la région de Stuttgart, Nataïs travaille avec un réseau de 200 agriculteurs du Sud-Ouest, répartis dans le triangle Bordeaux-Landes-Toulouse. L’entreprise cultive 8 000 hectares et récolte 50 000 tonnes de maïs à pop-corn chaque année. L’entreprise a trois activités principales : le maïs pop-corn à éclater conditionné en vrac, vendu aux cinémas et à l’industrie de la transformation (45 % de son chiffre d’affaires) ; les sachets de pop-corn micro-ondables (52 %), dont le volume de production devrait se monter à 180 millions de sachets en 2024 ; et le conditionnement de petits sachets de maïs vendus en grande distribution (3 %).

88 %

“90 % de notre production est destinée à l’export dans plus de 50 pays, éclaire Michael Ehmann, essentiellement en Europe, vers des marchés importants comme l’Allemagne, l’Angleterre, la Scandinavie et l’Europe centrale, qui consomment plutôt du pop-corn salé. Le marché se développe plus lentement en France où le pop-corn est parfois encore malheureusement assimilé à de la malbouffe alors qu’il est une céréale complète et un produit naturel, bon pour la santé. L’année dernière, nous avons quand même pu y lancer une gamme de produits de pop-corn micro-ondable pour la marque Vico.” L’activité de Nataïs représente 35 % du marché européen du pop-corn et la part de son chiffre d’affaires réalisé sur le Vieux Continent atteint 88 %.

Une prime carbone pour les agriculteurs

L’une des clés de la réussite de Nataïs repose sur son choix d’agir activement dans des pratiques agroécologiques. Depuis 15 ans, l’entreprise s’engage en faveur de méthodes agricoles régénératives dans le but d’accroître le taux de matière organique des sols. “Nous n’opposons pas cette démarche à la quête de productivité et nous accompagnons nos agriculteurs dans cette transition vers l’agroécologie, appuie Michael Ehmann. Un sol qui produit est un sol alimenté en permanence avec la biomasse.” L’entreprise accorde une importance toute particulière aux couverts végétaux, qui visent à stocker durablement du carbone dans les sols agricoles. Ces couverts alternent entre les cultures principales, du blé le plus souvent en été, et du maïs en hiver. Les agriculteurs partenaires de Nataïs parviennent ainsi à capter jusqu’à 6 tonnes de CO2 par hectare.

“À ce sujet, nous travaillons avec le Centre d’études spatiales de la biosphère (Cesbio), une branche de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), à une méthodologie qui permet, à partir d’images satellites, d’estimer la quantité de biomasse produite par le couvert végétal, précise Jonah Ehmann. Nous convertissons alors cette biomasse en quantité de carbone stocké dans le sol et nous rémunérons l’agriculteur, moyennant une prime carbone de 45 euros/tonne. 70 % de nos agriculteurs sont aujourd’hui engagés dans cette démarche de mise en place des couverts végétaux.”

Dans son usine de Bézéril (Gers), Nataïs traite et conditionne le maïs pop-corn récolté auprès de son réseau d’agriculteurs — Photo : Nataïs

Le maïs pop-corn étant particulièrement gourmand en eau, Nataïs conseille aussi ses agriculteurs pour une meilleure irrigation des sols. “Nous les incitons à utiliser des outils de pilotage, notamment des sondes capacitives, qui mesurent en temps réel le niveau d’humidité du sol. Cela permet de diminuer les quantités d’eau utilisées durant le cycle de culture.” La relation entre l’entreprise et son réseau d’agriculteurs est confiée à une équipe de 5 ingénieurs-conseils, qui sont aussi chargés de recruter de nouveaux partenaires : une vingtaine d’agriculteurs a ainsi rejoint la sphère Nataïs en 2023-2024.

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