L’entreprise nordiste Nacon a posé début décembre la première pierre de sa future usine nordiste de 1 000 m², à Lauwin-Planque. Fruit d’un investissement de 5 millions d’euros, cette unité industrielle va permettre à l’entreprise, basée à Lesquin, de commercialiser en Europe des manettes de jeux vidéo made in France. Filiale du groupe nordiste Bigben (1 300 collaborateurs, 295 M€ de CA), qui est entre autres éditeur de jeux vidéo, Nacon (170 M€ de CA) conçoit et distribue les accessoires dédiés. Jusqu’à présent, l’entreprise se fournissait en Chine.
S’appuyer sur le savoir-faire chinois
C’est justement de son partenaire chinois, King Chuang, que vient l’idée d’assembler des manettes en France. "Ce partenaire, qui fabrique nos manettes depuis plus de 20 ans, a récemment robotisé ses lignes de production, pour les automatiser. Il a ainsi amélioré la qualité des produits, tout en limitant le coût de la main-d’œuvre, qui a augmenté en Chine ces dix dernières années, commente Alain Falc, fondateur et dirigeant du groupe Bigben. J’ai constaté que cette automatisation pouvait nous permettre de faire des manettes en France, pour un coût qui ne serait pas beaucoup plus élevé qu’en Chine".
Nacon a donc investi 3 millions d’euros dans une ligne d’assemblage robotisée et 2 millions d’euros dans un bâtiment. L’entreprise est accompagnée dans ce projet par son partenaire chinois, qui a pris 35 % du capital de cette future unité industrielle. Il apporte son expertise sur la mise en place d’une ligne d’assemblage automatisée sur 80 mètres, similaire à la sienne, en Chine. "Si nous avions démarré ce projet seuls, en réalisant les études en France, nous aurions perdu trois ans", note Alain Falc.
Un million de manettes par an
Cette future usine affiche une capacité d’assemblage de 3 000 manettes par jour, soit près d’un million par an. Dix emplois seront créés, dédiés à la supervision de la ligne et à son approvisionnement en composants. Le démarrage de l’activité est prévu durant l’été 2025. "L’objectif est que la ligne tourne à plus de 50 % de sa capacité totale dès la fin de l’année 2025", annonce Alain Falc.
Une ligne de production de cartes électroniques envisagée
Ces manettes made in France sont destinées au marché européen, dans un premier temps, et "peut-être aux États-Unis, par la suite", annonce le dirigeant. King Chuang fournira au départ les cartes électroniques de ces manettes, mais Nacon envisage de se doter d’une deuxième usine pour les produire en France. Enfin, pour les pièces de la manette faites par injection plastique, Nacon va se rapprocher de sous-traitants français de l’automobile, en recherche de diversification.
Les avantages du made in France
Cet investissement présente plusieurs avantages pour Nacon. Il lui permet d’une part de s’affranchir des risques "dans un contexte géopolitique pas rassurant", souligne le dirigeant. Il améliore d’autre part son bilan carbone. "L’avenir, ce n’est pas de fabriquer des produits à l’autre bout du monde. Il vaut mieux être dans les premiers à le comprendre que dans les derniers". La démarche va aussi réduire certains coûts logistiques. Ceux des 45 jours de bateau nécessaires pour importer les manettes chinoises, mais aussi ceux liés au stockage. "Nous pourrons désormais produire à la commande", note Alain Falc. Enfin, Nacon compte séduire de nouveaux clients grâce à cette première manette de jeu made in France.