Des grandes palettes de biscuits stockées entre deux lignes, marquées d’une étiquette rouge et de ce mot qui fait peur : "salmonelle". Dans la plus grosse usine européenne du groupe agroalimentaire Mondelez (31 000 salariés, 36 Md$ de CA en 2023) à Cestas (Gironde), on a pris les devants.
La salmonelle découverte en 2022 chez un de ses fournisseurs de chocolat, qui avait obligé l’usine de 34 000 m2 à démonter et nettoyer pendant plusieurs mois ses lignes de production, l’a poussé à renforcer ses contrôles. "Nous avons mis en place une série de contrôles supplémentaires avec un laboratoire externe sur le produit fini, qui est placé dans ces bacs en quarantaine pendant 3 à 5 jours", dévoile François Comarteau, directeur de l’usine.
Des investissements réguliers
La machinerie de l’industriel, qui a fait de son usine girondine quinquagénaire une spécialiste des biscuits chocolatés - elle est notamment l’unique fabricant européen des Mikado - a de quoi donner le tournis : 41 600 tonnes de production annuelle (pour 50 000 tonnes de capacité), 15 à 20 camions quotidiens de matières premières (blé, chocolat, sucre) et 1 120 biscuits à la minute sur sa douzième ligne de production de Petit Écolier, dans laquelle elle a investi 12 millions d’euros en 2022.
"Cet investissement a été motivé par notre besoin d’augmenter notre capacité de production, notamment pour répondre au marché anglais. C’est une ligne moins capacitaire que les autres mais plus versatile, nous avons gardé des capacités pour pouvoir l’agrandir", ajoute François Comarteau. Elle a permis d’augmenter les capacités de production de cette référence de 25 %, tout comme elle avait fait grimper de 40 % celle des Mikado en 2020 (pour 12 M€).
Réalisant un tiers de ses ventes à l’export, avec 36 % en Europe et 31 % en Amérique du Nord où se trouve le fief américain de sa maison mère, Mondelez Cestas a investi 45 millions d’euros ces 5 dernières années. Elle vient de rajouter un million d’euros pour installer cet été deux nouvelles machines d’ensachage, "qui nous permettent d’être plus performants et de réduire nos déchets", assure le directeur de l’usine.
Objectif zéro carbone
Le site, qui rassemble 500 salariés, joue un rôle important dans la chaîne d’approvisionnement européenne de Mondelez International. Il a recruté 200 personnes depuis 2021 et ne s’interdit pas d’en embaucher davantage en cas d’augmentation des cadences (le site tourne déjà en 3/8, 7 jours sur 7).
Il prépare un plan d’investissement de 13 millions d’euros supplémentaires sur 3 à 5 ans pour moderniser et rénover une partie de ses locaux (toiture, sol, égouts) et réfléchit à investir dans un four électrique, comme l’a fait il y a peu l’usine Mondelez d’Herendal (Belgique). Pour l’heure, ils fonctionnent tous au gaz, qui représente la moitié du mix énergétique de l’usine.
Le groupe, enfin, a de grandes ambitions de développement durable, et l’usine girondine n’est pas en reste côté RSE. Par exemple, elle récolte son blé à moins de 250 kilomètres auprès de 180 agriculteurs locaux partenaires de sa charte Harmony, lancée en 2008, pour le transformer en farine dans la minoterie bordelaise des Grands Moulins de Paris. 83 % des déchets qu’elle produit sont recyclés (les 17 % restants étant incinérés et transformés en énergie). Enfin, côté ressources humaines, une quinzaine d’apprentis par an intègre l’usine, qui en a embauché trois en 2023.