Implantée à Honfleur depuis 1972, l’entreprise Socotex (Société de Confection Textile), fabricant de voile d’ombrage sur mesure et fabricant en architecture textile, va déménager dans une nouvelle usine. Le nouveau site sera situé à quelques encablures du site d’origine, avenue des Impressionnistes à Honfleur. La pose de la première pierre de la future usine a eu lieu le 27 janvier dernier.
Un investissement de 7 millions d’euros financé par trois emprunts bancaires (CIC Nord-Ouest, Caisse d’Épargne et Crédit Agricole Normandie) pour cette entreprise familiale en pleine croissance, qui emploie une cinquantaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros. L’usine devrait être opérationnelle en janvier 2026 et devrait permettre à l’entreprise normande d’augmenter son activité de 20 %.
Réorganisation des flux logistiques
"Le déménagement de l’ensemble du parc industriel et du personnel est programmé entre le 24 décembre et le 31 décembre 2025 pour limiter le plus possible la fermeture de l’usine", indique Déborah Peyrucq, dirigeante de l’entreprise familiale depuis 2018.
Le nouveau bâtiment affichera une surface de 6 500 m2 (6 000 m2 de surface de production et 500 m2 de bureaux) contre 4 700 m2 aujourd’hui : "Notre site actuel était vieillissant et plus du tout adapté à notre activité. Nous avons grossi comme on a pu en cinquante-deux ans d’existence, mais nous sommes limités dans notre fonctionnement avec des machines qui ne sont pas forcément au bon endroit, une perte de temps pour nos salariés qui doivent passer d’un bâtiment à l’autre…" Le premier objectif du projet de Socotex est donc la réorganisation des flux logistiques de l’entreprise. "La nouvelle usine va nous permettre d’organiser notre production selon une configuration en ligne. L’ensemble de nos ateliers seront réunis pour fluidifier la production. Par ailleurs, les stocks de tissus seront disposés au plus proche de nos machines de coupes, et l’atelier emballage à proximité des quais d’expédition", détaille la dirigeante.
De confectionneur de toiles à fabricant de protections solaires
En 50 ans d’existence, le métier de Socotex a évolué : il est passé d’une activité de confectionneur de toiles solaires pour devenir aujourd’hui fabricant de protections solaires et des équipements de terrasse tels que des pergolas, parasols haut de gamme professionnels, des stores, mais aussi des chapiteaux, des couvertures de terrasse ou autres structures textiles pour couverture de parking ou préaux d’école. "Nous produisons nos propres structures en aluminium et cette activité prend de la place. Notre ancien bâtiment était vraiment trop bas de plafond pour que la productivité soit optimale. Sur le nouveau site, nous disposons de dix mètres de hauteur de plafond et de trois vrais quais de chargement, deux pour l’expédition et un pour la réception de matières premières. Si nous avons démarré l’entreprise comme artisan, nous prenons aujourd’hui une véritable dimension industrielle, même si nous conservons notre label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) obtenu en 2020 car beaucoup de nos activités se font encore manuellement", assure la dirigeante.
Diversifier l’activité
Forte d’une usine plus moderne, l’entreprise ambitionne de booster sa productivité et de diversifier sa gamme de produits : elle vient ainsi d’intégrer un nouvel atelier de fabrication de moustiquaires, une gamme qu’elle souhaite développer par la suite.
Autre axe de développement : l’export, qui ne représente encore aujourd’hui que 10 % du chiffre d’affaires. Première étape de cette stratégie de développement du pôle export, la participation de l’entreprise au salon mondial des systèmes de protection solaire à Stuttgart (Allemagne) en février 2024. "Nous allons multiplier ces salons à l’étranger pour présenter nos produits et attirer de nouveaux clients à l’international", assure Déborah Peyrucq.
Étaler l’activité de l’entreprise sur l’année
La dirigeante normande souhaite également étaler l’activité de l’entreprise sur les douze mois de l’année. "Notre activité est liée par la saisonnalité. Nous saturons pendant les mois d’été. Nous souhaitons à présent réussir à étaler nos activités sur toute l’année, notamment en remettant à l’ordre du jour l’activité de fabrication et réparation de bâches de camions que nous avions délaissée faute de places ces dernières années."
Mettre en place une économie circulaire
À l’investissement immobilier, s’ajoute également plus de 500 000 euros financés par un prêt Bpifrance, pour l’acquisition de nouvelles machines de coupes et diminuer ainsi les chutes de tissus. Car Socotex mise aussi sur l’économie circulaire et les circuits courts pour favoriser une production durable. Les chutes de tissus sont repérées et confiés à un fabricant rouennais de sacs en tissu de jutes et de lin, La Grenouille Rouge, et une maroquinière manchoise Emmanuelle Thomas.
Faire venir des touristes dans l’usine
Le nouveau site est aussi l’occasion pour Socotex de s’ouvrir au tourisme industriel : "Nous allons mettre en place des zones de circulation, un showroom entièrement vitré et un centre de formation de poseurs destinés à nos clients et partenaires fournisseurs pour valoriser notre expertise et transmettre notre savoir-faire. Les formations seront dispensées par des collaborateurs qui entament la dernière partie de leur carrière, ayant ainsi une grande technicité et une large connaissance des produits, de même qu’une muséologie dans l’entrée pour pouvoir accueillir des touristes et des écoliers", annonce Déborah Peyrucq qui espère aussi faire naître des vocations en présentant ses différents métiers aux jeunes générations.