Var
Midiflore investit dans une serre aéroponique pour cultiver des herbes aromatiques toute l’année
Var # Agriculture # Levée de fonds

Midiflore investit dans une serre aéroponique pour cultiver des herbes aromatiques toute l’année

S'abonner

La société Midiflore, spécialiste des plantes aromatiques et fleurs comestibles poursuit la transformation de ses pratiques agricoles en adoptant un système d’aéroponie. Elle vient de lever 1,5 million d’euros pour accompagner son développement.

Matthieu Lambrou, chef de projet chez Midiflore et fils de Sylvie Recouvrot, insuffle un nouvel élan à la modernisation du groupe — Photo : Midiflore

Huit ans après la reprise de l’entreprise hyéroise Midiflore, Sylvie et Thierry Recouvrot ont relancé cette société, spécialisée dans la production et la commercialisation de fleurs comestibles et plantes aromatiques et viennent d’obtenir la confiance d’investisseurs. Après avoir doublé le chiffre d’affaires (2,2 M€ en 2023), ils ont levé 1,5 million d’euros auprès de Citizen Capital, à travers son fonds Agri Impact, et de Région Sud Investissement.

Une souveraineté alimentaire renforcée

"Depuis la reprise, nous avons labellisé nos productions, certifiées Haute Valeur Environnementale et adopté les principes d’une agriculture conforme au cahier des charges bio sur la majorité de nos cultures. Nous voulions désormais aller plus loin et trouver une solution pour produire des plantes aromatiques en France, en hiver, sans devoir recourir à des solutions énergivores. D’une prise de conscience écologique est née la volonté d’être exemplaire, de produire efficacement, durablement, raisonnablement", explique Sylvie Recouvrot.

Midiflore a ainsi choisi d’expérimenter, sur une partie de ses 7 hectares d’exploitation, la solution aéroponique, un processus de culture des plantes qui expose les racines à l’air et à un brouillard à haute pression riche en nutriments. "Ce système est une solution innovante, propre, qui va permettre de produire des herbes locales tout au long de l’année et nous ne sommes que deux à utiliser cette technique aujourd’hui en France", ajoute la dirigeante.

L’aéroponie, forme de culture hors-sol innovante, a été déployée sur 2 500 m² chez Midiflore, à Hyères — Photo : Midiflore

Une baisse de 90 % de la consommation en eau

L’expérience n’a pas encore un an, mais elle a déjà permis de produire 80 tonnes de plantes aromatiques sur 2 500 m², là où avant, Midiflore produisait 20 tonnes sur 7 hectares. "Au cours du premier trimestre de cette année, cette nouvelle production nous a permis d’augmenter de 50 % notre chiffre d’affaires, car le fait de produire localement du basilic et de la ciboulette est très recherché et répond à une demande croissante pour ces produits dans l’Union Européenne", se félicite Sylvie Recouvrot.

L’entreprise hyéroise a aussi renforcé sa performance environnementale : "nous avons pu lisser la production, nous dépendons moins des aléas climatiques, nous pouvons produire localement des produits hors saison et nous avons pu réduire les coûts liés aux intrants, notamment l’eau puisque lorsqu’il faut 150 litres d’eau pour un kilogramme en culture plein champs, il ne faut plus que 10 litres d’eau pour la même quantité produite en aéroponie", détaille l’entrepreneuse. Enfin, la mise en œuvre de ce projet permet à Midiflore de limiter les imports aériens depuis l’étranger, en doublant la capacité de production annuelle, atteignant 60 tonnes d’herbes aromatiques la première année, avec un objectif de 100 tonnes.

Un acteur français de premier plan

L’objectif pour le couple d’entrepreneurs : faire de Midiflore un acteur de premier plan dans la production de plantes aromatiques et fleurs comestibles en France. "Au cours des trois dernières années, nous sommes passés de 12 à 25 salariés, et nous avons choisi de collaborer avec l’association Face pour promouvoir une insertion professionnelle durable, notamment à destination de réfugiés politiques", explique la dirigeante.

La société a aussi fait entrer ses fleurs comestibles, au moins 20 espèces différentes cultivées en permanence, auprès de grossistes RHD (restauration hors domicile), comme Metro à l’échelle de la France entière, Pomona Terre Azur ou Promocash en local, auprès de la restauration collective également. Les fleurs comestibles représentaient 5 000 euros de chiffre d’affaires en 2017. Elles pèsent aujourd’hui 1 million d’euros de chiffre d’affaires, soit 500 000 barquettes.

La levée de fonds, qui inscrit le projet d’aéroponie dans le cadre du programme France 2030 "Sud Industrie", intervient à un moment "charnière" pour l’entreprise : "elle valide la pertinence de nos projets, apporte de la trésorerie et nous offre l’opportunité de mener d’autres investissements", confie Sylvie Recouvrot. Cette dernière ajoute avoir un dernier objectif : créer un atelier de transformation pour valoriser les plantes abîmées qui partent aujourd’hui en compost. "La boucle serait ainsi bouclée et nous aurions un modèle très vertueux", conclut-elle.

Var # Agriculture # Agroalimentaire # Levée de fonds # PME # Investissement # Innovation