Alors que le chantier de la rue Haute-Seille entre dans sa phase finale, la foncière immobilière du groupe mosellan Heintz, Heintz immobilier & hôtellerie, confirme sa stratégie : être capable de redonner vie à l’existant. "Même quand nous avons commencé à faire de l’hôtellerie, nous avons toujours continué à faire du développement immobilier", rappelle Christophe Thiriet, dirigeant de la branche Heintz immobilier & hôtellerie du groupe Heintz (500 salariés, 50 M€ de CA).
Des surcoûts liés au désamiantage du bâtiment
L’Ibis Styles Metz Centre, avec ses 86 chambres réparties sur 6 niveaux, est le fruit d’une transformation à 12,3 millions d’euros, dont 3,7 millions d’euros injectés dans le rachat d’un bâtiment de 5 000 m², qui a longtemps abrité la Caisse primaire d’assurance maladie à Metz. Avec ce 14e hôtel, l’entreprise a cherché à s’inscrire dans une logique visant à réhabiliter plutôt qu’à construire du neuf. "Et pourtant, ce n’est pas beaucoup moins cher", indique Christophe Thiriet en évoquant les surcoûts liés au désamiantage du bâtiment ou encore à la végétalisation de la façade, qui a mobilisé 250 000 €.
Vers les 20 hôtels en portefeuille en 2030 ?
Si la branche immobilier & hôtellerie du groupe représente un total de 23 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’activité hôtellerie pèse à elle seule 20 millions d’euros. "Depuis le lancement de l’activité en 2013, nous avons ouvert, à la louche, un hôtel par an", résume Christophe Thiriet. Si l’objectif visant à détenir 20 hôtels d’ici 2030 semble être à portée de main, Christophe Thiriet ne veut pas en faire une finalité. "La vision, c’est de développer cette activité sur des bases saines, sur des produits de qualité où il est possible d’offrir un niveau de service de bonne qualité à nos clients", tranche le dirigeant de Heintz immobilier & hôtellerie. Le projet le plus emblématique, reste celui de la place de la Comédie, à Metz, visant à ouvrir un hôtel 4 étoiles. Le projet a commencé "gentiment" d’après Christophe Thiriet : "Nous allons attaquer en mars les travaux de désamiantage".
La Moselle, nouvelle destination touristique
Longtemps dépendants d’une clientèle d’affaires, les établissements messins voient leur profil muter. Christophe Thiriet observe une bascule significative : "Grâce aux efforts des collectivités, nous sommes en train de rattraper notre retard touristique". Un phénomène qui permet à l’entreprise de faire mieux que son marché. Si l’hôtellerie est globalement étale en France, le groupe enregistre 5 % de croissance : "À l’échelle du marché, ce petit reflux de l’activité est dû principalement à l’érosion de la clientèle business. Et chez nous, ce phénomène est contrebalancé par cette éclosion de la destination touristique". Hier encore dépendant à 85 % de la clientèle d’affaires, le groupe anticipe la venue d’une autre typologie de clientèle pour son nouvel Ibis Styles Metz centre : "40 % de la clientèle devrait être une clientèle touristique", estime Christophe Thiriet.
Un taux d’occupation au-dessus des 70 % en décembre
L’attractivité de Metz, portée par des événements comme le festival Constellations ou les marchés de Noël, devient un véritable levier de croissance. "En 2019, le taux d’occupation de nos hôtels au mois de décembre était de 58 %. En 2024, c’était 67 % et je pense que les chiffres de 2025 vont confirmer que nous avons passé la barre des 70 %", détaille Christophe Thiriet. Pour le dirigeant, l’emplacement en plein centre-ville devra permettre de capter cette nouvelle clientèle qui n’hésite plus à prolonger son séjour. "Aujourd’hui, nous avons des clients qui restent deux nuits parce qu’ils prennent une journée de plus pour visiter la ville".