L’hôtellerie du Grand Est poursuit sa progression en 2025, avec un chiffre d’affaires en hausse de 1,9 %, selon une étude récente publiée par In Extenso. Une performance dans la moyenne nationale, mais dont les ressorts interrogent. Le taux d’occupation atteint 65 %, pour un prix moyen d’une nuitée de 94 euros hors taxes.
"On est sur un marché qui reste positif, mais la croissance est essentiellement portée par la hausse du prix moyen", explique Olivier Petit, directeur général du pôle tourisme du cabinet.
Des prix en hausse de 5 % sur un an
Dans la région, les prix de l’hôtellerie progressent d’environ 5 %, quand la fréquentation recule de près de 3 %. Un basculement après la phase de rattrapage post-Covid. "Entre 2021 et 2023, on était sur des croissances à deux chiffres. Depuis 2024, on revient sur des rythmes beaucoup plus modérés", précise-t-il.
Cette hausse des prix s’explique en partie par l’évolution de l’offre. Le marché se concentre autour d’établissements plus récents et plus qualitatifs, positionnés sur des segments de gammes supérieurs, avec davantage de services. Sur dix ans, près de 200 hôtels ont disparu dans le Grand Est, sans baisse équivalente du nombre de chambres, signe d’une montée en taille et en gamme des établissements.
Une montée en gamme qui tire les prix
L’évolution du parc s’inscrit donc dans une logique de montée en gamme. L’entrée de gamme représente encore 64 % des chambres dans le Grand Est, contre 70 % en 2016. En Alsace, elle tombe à 54 %, tandis que le haut de gamme progresse à 11 %.
"On s’adapte aussi à une clientèle étrangère, notamment allemande, avec des attentes élevées sur le bien-être", explique Olivier Petit.
Cette adaptation se traduit par le développement d’équipements premium. Aujourd’hui, 13 % des hôtels alsaciens disposent d’un spa, contre 9 % à l’échelle régionale. "Ce sont devenus des standards pour capter cette clientèle", confirme-t-il.
Des dynamiques contrastées selon les territoires
La croissance masque des écarts importants. Dans les métropoles, le marché reste dynamique, porté par la création de nouveaux établissements. L’Alsace concentrant 38 % des projets hôteliers recensés à horizon 2030.
"On observe des projets plus différenciants, avec des établissements qui proposent à la fois hébergement, restauration et espaces de vie, souvent positionnés sur le milieu et le haut de gamme", souligne Olivier Petit.
À l’inverse, les territoires ruraux et de montagne décrochent. En 2025, près de 450 chambres ont disparu hors des grands pôles urbains, dans des zones où le renouvellement de l’offre reste plus difficile.
Strasbourg, un marché à la fois d’affaires et de loisirs
À l’échelle régionale, les positionnements restent spécialisés. "Nancy ou Troyes sont davantage orientées vers le tourisme d’affaires, la route des vins vers le loisir", précise Olivier Petit.
Strasbourg fait figure d’exception en combinant les deux clientèles. Cette diversité soutient l’activité, malgré une baisse de la fréquentation. En 2025, le prix moyen d’une nuitée y progresse à 109 euros (+ 5 %).
Un secteur en transformation
Dans un contexte de fréquentation en baisse, les établissements misent donc aujourd’hui sur le positionnement et la qualité de l’offre pour maintenir leur rentabilité. "On est désormais moins dans une logique de volume que de valeur", résume Olivier Petit.