La société normande Seropa Industries a été reprise le 21 décembre dernier par la PME Matissart à la barre du tribunal... de Marseille ! Seropa était jusque-là filiale de Plastifrance, un groupe dont le siège est situé à Gémenos dans les Bouches-du-Rhône. Le repreneur, lui, est implanté dans le Pas-de-Calais, non loin de Béthune.
Des récipients... et des bouchons
Spécialisée dans la fabrication de moules d'injection, Seropa produit notamment des moules de cartes à puces et autres cartes SIM. De son côté, Matissart conçoit et fabrique des moules de soufflage et d'extrusion-soufflage pour tous les fabricants de récipients liquide. « Nos clients s'appellent l'Oréal, Total, Candia, Heineken, Unilever ou encore Procter & Gamble », explique le P-dg Pascal Ode. Celui-ci a repris Matissart en 2010, après une carrière en tant que cadre dirigeant pour des PME et des grands groupes. Il sourit : « Et quand on fabrique des récipients, il faut bien des bouchons ! » Un marché encore résiduel pour Seropa mais que l'entreprise normande pourrait être amenée à développer à l'avenir, suggère le dirigeant.
Diversification technologique et de marchés pour Matissart
« Mais ce qui nous intéresse en premier lieu, c'est la possibilité de diversification technologique et de marchés », précise Pascal Ode. « Matissart ne maîtrise pas la technologie du moule d'injection et ce savoir-faire nous intéressait pour élargir notre offre commerciale ». Côté marchés, Seropa ouvre une porte à Matissart sur les domaines de la pharmacie et du médical, ainsi qu'une présence historique forte dans le secteur des cartes à puces.
La taille critique pour rassurer les grands groupes
Matissart, qui emploi 48 collaborateurs, affiche un chiffre d'affaires de 5,3 millions d'euros. L'intégration de Seropa (33 personnes pour 4 millions de CA), outre « les synergies instantanées sur les achats », permet à Matissart « de rassurer les grands groupes qui utilisent le plastique pour leurs emballages », résume Pascal Ode.
Une reprise soutenue par la région Normandie
Soutenu dans cette opération par la région Normandie dans le cadre du dispositif ARME de soutien aux entreprises en difficultés, Matissart, qui exporte 75 % de sa production, compte bien faire profiter l'entreprise normande de son réseau à l'international. Cette première opération de croissance externe pour la holding familiale Engimatics qui contrôle Matissart, n'est peut-être pas la dernière, confirme Pascal Ode : « si l'expérience réussie, on ne va pas s'arrêter là ! ».