Après deux ans et demi de conflits sociaux liés à la réforme des ports, les professionnels de Marseille-Fos sont enfin en capacité de mesurer les effets du changement. Fiabilité, cadences améliorées, l'heure est (re) venue d'engager des actions de promotion sous une nouvelle appellation, "Via Marseille Fos", destinée à conquérir les trafics perdus en particulier à l'import. Nouvelle gouvernance, commandement unique confiés aux manutentionnaires privés et hausse de la capacité conteneurs avec la mise en service des deux terminaux de Fos 2XL ont permis au port de remonter la pente et de renouer avec des trafics en hausse, laissant espérer 1.070.000 Evp (équivalent vingt pieds) en 2012, soit 120.000 Evp de plus qu'en 2011. «Très peu de ports vont afficher une hausse de 13% dans un contexte de crise», lance Jaap Van den Hoogen, président de l'association des agents consignataires de Marseille-Fos. Le doublement du linéaire de quai a permis d'améliorer la fluidité des trafics à Fos en éliminant les temps d'attente des navires sur rade. Le commandement unique, résultant du transfert des agents portuaires et des outillages vers les sociétés de manutention, a contribué à relever les cadences de chargement et déchargement des conteneurs. De 14 mouvements de l'heure avant la réforme, les dockers sont passés à près de 24 mouvements dans les bassins Est après la réforme.
Les files d'attente moins importantes
À Fos, la productivité s'est appréciée de 120 à 155 mouvements par shift (sept heures). «La productivité horaire se situe dans la norme. Nous travaillons de façon calme et apaisée avec les personnels sur les terminaux», se félicite Alexis Michel, directeur central groupe logistique conteneurs et reefer chez CMA CGM. Côté transport routier, les files d'attentes sont moins longues avec un délai moyen d'attente qui est passé de «28 à 20 minutes», selon le manutentionnaire pour enlever les boîtes. La douane également s'est engagée dans ce processus tourné vers la clientèle et devrait d'ici la fin de l'année créer un guichet unique. «Le délai d'immobilisation des marchandises destinées à un contrôle douanier est inférieur à six minutes», indique le directeur régional des douanes en Paca, Patrice Vernet. Actuellement, 2% des marchandises transitant par le Grand port maritime de Marseille sont soumises à un contrôle physique des douanes. Autant de facteurs incitant désormais les professionnels à repartir à la conquête des trafics afin de reprendre des parts de marché aux ports du Nord. «À l'export, nous avons retrouvé les volumes perdus avant la réforme. En revanche, à l'import, 20% des volumes ne sont pas revenus, pour des raisons de détournement vers d'autres ports. Nos concurrents sont les ports d'Anvers et duHavre, et non Barcelone et Gênes, qui sont simplement des ports de substitution. Notre action portera sur la conquête de l'hinterland afin d'aller capter des trafics jusqu'à Strasbourg », explique Hervé Balladur, président de l'Union maritime et fluviale de Marseille Fos. Le port ambitionne également de renouer avec les chargeurs suisses en lançant prochainement une navette ferroviaire. Au lendemain de la réforme du statut des dockers en 92, la place portuaire avait donné naissance à la marque commerciale Marseille-Europort. Vingt ans plus tard et au terme d'une nouvelle révolution, cette entité a changé de nom. "Via Marseille Fos" accueille désormais un nouveau partenaire, la société d'informatique MGI aux côtés de la CCIMP du GPMM et de l'UMF. «La conquête des trafics passe par la facilitation des échanges avec les pays de la Méditerranée», insiste Hervé Balladur. D'ailleurs, le 19octobre dernier, MGI a signé avec son homologue tunisien Tunisia Trade Net un accord afin de traiter via la plate-forme d'information les flux en sortie de Tunisie et destinés à la France, l'Espagne et l'Italie.
Maritime L'heure est venue pour le port d'engager des actions de promotion sous une nouvelle appellation, "Via Marseille Fos", destinée à reconquérir les trafics perdus.