"Il s'agit d'une décision dogmatique destructrice pour la croissance et l'emploi de nos territoires". La décision qui enflamme Bernard Gaud, président du Medef Rhône-Alpes, est celle prise par le conseil municipal de la Ville de Grenoble, la semaine dernière.
Emmené par l'écologiste Eric Piolle, maire de Grenoble depuis 2014, le conseil municipal a ainsi voté une délibération exprimant "son opposition au projet d'une nouvelle liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et Turin, en particulier le percement d'un tunnel international de 50 kilomètres".
Grenoble, par la voix du maire socialiste précédent, Michel Destot, avait pourtant signé en 2007 le protocole d'intention de financement, aux côtés de douze autres collectivités de l'Isère, du Rhône, de la Savoie et de la Haute-Savoie, de la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin. Un protocole portant sur un budget d'un milliard d'euros, la moitié du coût du projet total pour la France. Pour la municipalité EELV, ce projet parait démesuré au regard de la baisse des transports de marchandises ces dernières années
"Retrait inadmissible"
Une décision qui provoque l'indignation des milieux patronaux, en particulier du côté du Medef. Bernard Gaud et Pierre Streiff, président du Medef Isère, se disent consternés par "ce retrait inadmissible". Pour eux, "ce projet est un formidable vecteur de croissance et d'emploi : il concerne annuellement près de 200 millions d'euros d'échanges commerciaux dont un tiers entre la France et l'Italie et jusqu'à 25 millions d'euros de voyageurs ; il représente également 8.000 emplois directs auxquels s'ajoutent les emplois indirects".
Sur le plan écologique, Bernard Gaud et Pierre Streiff dénoncent également une position incohérente : "la complémentarité rail/route proposée par le Lyon/Turin permet de réduire notablement la pollution ainsi que la production de CO². Les émissions de CO² sont évaluées à près d'un million de tonnes dans la Vallée des Alpes".