L’UIMM Lorraine et la Banque des Territoires resserrent leurs liens au profit de l’industrie locale
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L’UIMM Lorraine et la Banque des Territoires resserrent leurs liens au profit de l’industrie locale

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Décarbonation, portage foncier ou encore souveraineté, la convention que viennent de signer l’UIMM Lorraine et la Banque des Territoires vise à lever les verrous financiers des industriels lorrains, confrontés à la nécessité de se transformer sans fragiliser les bilans.

La présidente de l’UIMM Lorraine, Nathalie Vaxelaire (à gauche), et Mélanie Villiers, la directrice de la CDC et de la Banque des territoires dans le Grand Est, ont signé la convention les rapprochant le 12 janvier — Photo : Jean-François Michel

L’industrie lorraine passe à l’offensive. Face aux défis de la transition écologique et de la compétitivité globale, l’UIMM Lorraine et la Banque des Territoires viennent de signer une convention de partenariat. Avec un objectif clair : transformer les intentions de croissance en projets industriels concrets.

Lever le verrou de l’investissement lourd

Pour Nathalie Vaxelaire, la présidente de l’UIMM Lorraine, si beaucoup d’entreprises sont déjà engagées dans la sobriété, le passage à l’échelle supérieure exige des moyens financiers conséquents. "Changer d’échelle suppose des investissements parfois lourds", souligne la présidente, en rappelant que sans soutien, certains projets "resteraient parfois à l’état d’intention". L’enjeu est d’accompagner ceux qui veulent "s’agrandir, se transformer et aussi venir s’implanter en Lorraine", détaille Nathalie Vaxelaire. Cette ambition nécessite des outils industriels à la hauteur, car pour la présidente, "il n’y aura pas de territoire fort sans une industrie forte".

La force du "temps long"

C’est ici qu’intervient la Banque des Territoires, bras armé de la Caisse des Dépôts. Mélanie Villiers, directrice régionale Grand Est, rappelle la spécificité de son institution qui investit grâce à l’épargne des Français. "Nous investissons au bénéfice du temps long", précise la directrice, se distinguant ainsi des banques commerciales classiques par une capacité à soutenir des projets à maturité lente.

"Cela fait partie de notre plan stratégique : mettre les feux sur la réindustrialisation"

Très identifiée par les collectivités territoriales, la Banque réalise une part minime de son bilan avec les entreprises. "Cela fait partie de notre plan stratégique : mettre les feux sur la réindustrialisation", fixe Mélanie Villiers.

Quatre piliers pour l’industrie régionale

La convention signée s’articule autour d’axes opérationnels précis pour répondre aux besoins fonciers, immobiliers et technologiques. En matière d’immobilier, la Banque des Territoires est capable d’intervenir pour financer les murs et les extensions des usines. Tandis que Bpifrance soutient l’exploitation, la Banque des Territoires permet aux industriels de "développer les murs" et de "croître". Pour pallier la rareté du foncier, un outil est en cours de structuration avec la Région et l’Établissement public foncier Grand Est pour faire du "portage de foncier" sur le très long terme.

Autre levier d’intervention, la décarbonation. "Financer un processus de décarbonation, c’est permettre à l’industriel d’améliorer potentiellement sa compétitivité", analyse Mélanie Villiers en soulignant que ses équipes passent déjà un temps considérables dans le repérage des projets économiques privés.

Accompagner les diversifications dans la Défense

Enfin, la Banque des Territoires annonce un tournant historique pour 2026, dans le Grand Est comme partout en France : l’accompagnement des entreprises souhaitant "basculer ou étendre leur activité dans le champ de la défense", dévoile la directrice régionale Grand Est. Un choix dicté par le contexte géopolitique actuel, et visant à soutenir les entreprises faisant leur "mue de l’industrie plus classique vers l’industrie de défense".

Un facilitateur d’accès

Se voulant très pragmatique, cette convention ne crée pas de nouveaux dispositifs mais agit comme un accélérateur. Il s’agit de "faciliter l’accès des industriels lorrains à des solutions existantes", indique Mélanie Villiers et d’identifier les projets là où les besoins de financements sont les plus criants. Déployée pour la première fois sur le périmètre de l’ancienne région Lorraine, cette convention pourrait être dupliquée dans d’autres territoires français : "Nos collègues à Bordeaux nous ont déjà demandé une copie de la convention", glisse Mélanie Villiers.

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