Coup de théâtre chez Lubrizol. Le géant de la chimie (8 000 salariés) va annuler son plan de sauvegarde de l'emploi. Après l’annonce d’un plan social d’ampleur, en février dernier, sur ses sites de Rouen et du Havre, le chimiste américain a finalement décidé de mettre un terme au projet de réorganisation des activités de ses deux sites normands. Une annonce réalisée après des comités sociaux et économiques (CSE) et aux salariés des sites de Rouen et du Havre qui comptabilisent à eux deux 665 salariés (dont près de 400 à Rouen), ce lundi 5 mai.
Le géant américain de la chimie avait annoncé un PSE et un projet de réorganisation de ses usines normandes pour faire face à l’évolution du contexte international des chaînes d’approvisionnement et des pressions accrues sur les coûts et sur la disponibilité des matières premières. "Afin de concentrer les efforts collectifs de l’entreprise sur la gestion de cet environnement externe en pleine évolution et pour sécuriser l’approvisionnement de nos clients, nous avons décidé de mettre un terme à la consultation relative au projet de réorganisation de Rouen et du Havre", indique Fabrice Jerineck, directeur des opérations pour les activités Lubrizol additifs pour la région EMEAI (Europe, Moyen-Orient, Afrique et Inde).
Des problèmes de surcapacité
L’annonce faite par la direction de Lubrizol France (700 salariés) ne règle cependant pas toutes les difficultés des deux sites normands confrontés à des problèmes de surcapacité et de compétitivité. "La problématique de baisse des volumes de production et de surcapacité sur les deux sites reste une réalité, mais nous espérons qu’en travaillant à retrouver un environnement de travail productif, nous serons en mesure de faire face à ces enjeux externes", souligne Nicolas Adam, directeur général de Lubrizol France et directeur du site du Havre.
En effet, le projet de restructuration avait été envisagé par Lubrizol face à un marché des additifs pour carburants en diminution entraînant une baisse des volumes de production de Lubrizol France de plus de 30 % ainsi qu’une importante surcapacité de production sur les sites de Rouen et du Havre.
Le plan de suppression d’emplois avait été revu à la baisse
Si Lubrizol avait, dans un premier temps, envisagé la suppression de 169 emplois pour ses activités France, dont 145 sur les 367 postes à Rouen, un accord avec les syndicats des sites de Rouen et du Havre avait permis de réduire le nombre de suppressions de postes envisagé à 106. La réorganisation voulue par Lubrizol France concernait également la délocalisation de 10 % de l’activité du site rouennais vers Le Havre (3 %), et vers un site hors d’Europe (7 %).
L’accord trouvé entre la direction de l'entreprise et les syndicats avait permis l’arrêt du mouvement de grève et permis des engagements en matière de performance des activités des deux usines, dans la durée. De plus, la direction de Lubrizol France avait proposé d’intégrer au projet une phase de volontariat pour réduire le nombre de départs contraints jusqu’à la fin du mois d’août 2025, et revu à la hausse le montant de la proposition de l’indemnité supra légale de licenciement.