L’annonce est symptomatique de la crise que traverse le secteur de la chimie. L’entreprise de fabrication de caoutchouc synthétique, Arlanxeo (120 M€ de CA en 2024), va fermer son site normand de Port-Jérome. En cause, un marché en berne et une concurrence asiatique croissante. 168 emplois sont menacés.
La chimie européenne face à une "demande faible" et une "compétitivité en baisse"
Un an et demi après l’arrêt brutal des activités de chimie d’ExxonMobil à Port-Jérôme, la zone industrielle est affectée par une nouvelle vague de suppressions d'emplois. Arlanxeo, la filiale du producteur saoudien d’énergie et produits chimiques Amraco (75 000 salariés), a fait part, dans un communiqué de presse publié début octobre, de la cessation de son site de Port-Jérôme.
"L’industrie chimique européenne continue de faire face à une demande faible persistante et à une compétitivité en baisse, sous l’effet de la hausse des coûts, du déséquilibre des marchés mondiaux et de la pression réglementaire accrue", justifie son PDG Stephan Van Santbrink. L’entreprise, qui commercialise son caoutchouc dans l’industrie automobile, aussi bien que dans l’industrie électrique, pétrolière, gazière, et la construction, n’est pas parvenue à rebondir.
Un site "structurellement déficitaire"
Au total, Arlanxeo dispose de près de 20 sites de production dans huit pays, dont un autre site en France à La Wantzenau (Bas-Rhin). Les difficultés du site de Seine-Maritime ne sont pas nouvelles. "Le site de Port Jérôme est resté structurellement déficitaire. Malgré de nombreux efforts d’amélioration, nous n’avons pas identifié de solution viable en vue d’une amélioration structurelle sur la durée", indique le PDG de l’entreprise dans son communiqué de presse.
La chimie confrontée à des suppressions importantes d’emplois
Un exemple emblématique de la crise que traverse le secteur de la chimie. Dans son bilan annuel présenté il y a quelques mois, France Chimie alertait sur le risque de suppression de 15 000 à 20 000 emplois à moyen terme.
La direction d’Arlanxeo a précisé son "intention de proposer aux salariés concernés un plan de sauvegarde de l’emploi".