LNPN : L'espoir d'une liaison Paris-Normandie (enfin) fiable
# Conjoncture

LNPN : L'espoir d'une liaison Paris-Normandie (enfin) fiable

Si l'opportunité même d'une ligne nouvelle paraît faire consensus, la question de son financement devrait dans les mois qui viennent revenir sur le devant de la scène.

La commission particulière du débat public présidée par Olivier Guérin (magistrat honoraire à la Cour de cassation) est à pied d'oeuvre depuis le 3octobre dernier. Une procédure qui marque le début d'une grande aventure qui pourrait devenir une réalité dans les dix ans qui viennent. La promesse du président de la République Nicolas Sarkozy de relier Paris et LeHavre en 1h15 (et Rouen en 45 mn!) remonte à 2009, en plein débat sur le Grand Paris. Depuis lors, les décideurs Normands se sont emparés de la question et RFF (Réseau Ferré de France) a travaillé puis affiné sa copie pour présenter trois tracés distincts: l'un avec une bifurcation vers la Basse-Normandie au niveau de Louviers (6,5milliards d'euros), l'autre à partir d'Evreux (6,3milliards d'euros) et une dernière située après Rouen dont le coût estimé avoisine aujourd'hui les dix milliards d'euros!




Paris-LeHavre plus long en 2010 qu'en 1970!

Chacun en convient, la situation actuelle n'est plus satisfaisante. RFF en dresse même un constat sans concessions: des trains trop peu nombreux («13 trains directs par jour et par sens entre Paris et Rouen, contre 24 pour Paris-Orléans»); des temps de parcours de moins en moins compétitifs («Paris-LeHavre en 1h45 en 1970 contre 2h02 en 2010, tandis que Paris-LeMans s'effectue en 55 minutes»!). À l'origine des problèmes, explique RFF, «un réseau saturé, notamment entre Paris et Mantes et autour de Rouen sur lequel la circulation des trains actuels est déjà fortement contrainte et qui ne permet plus de faire circuler des trains supplémentaires». En cause également, puisqu'il est question de grande vitesse, «des lignes tracées au XIXesiècle, avec de nombreuses portions sinueuses qui ne permettent pas des vitesses élevées»! L'enjeu pour le maître d'ouvrage est donc de dédoubler la ligne existante «pour atteindre les objectifs de temps de parcours».




Plus de liaisons régionales

Outre la question du Mantois, se pose pour les acteurs normands celle de la nouvelle gare de Rouen. Pressentie pour s'installer dans le quartier Saint-Sever, elle nécessiterait un investissement de l'ordre de 300M€, selon les premières études réalisées. Une implantation plus centrale que le site de Sotteville-les-Rouen privilégié notamment par les élus EELV de la Crea, et qui doit permettre depuis la gare actuelle de développer les liaisons régionales: RFF évoque un Rouen-Caen en 45 mn ou un Rouen-LeHavre en 30 mn! Mais, si les élus de tous bords -ou presque- sont prêts à s'entendre sur l'essentiel, reste que la question du financement est loin d'être réglée. Une cellule d'experts (dont fait partie Jean-Marc Lacave, l'ancien dg du Port duHavre puis de CMA-CGM) est chargée de faire des propositions d'ici le printemps prochain.

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