Pour accompagner l’électrification des usages, ligne directrice de la 3e programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), récemment présentée par l’État, les industriels de l’équipement électrique, réunis au sein de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (Fieec) appellent à mettre en place des mesures fiscales et réglementaires "ambitieuses" en faveur du secteur de l'électricité.
Le plan d’électrification attendu
"On se félicite de l’annonce par le Premier ministre de la PPE, le gouvernement est ambitieux et veut accélérer l’électrification des usages", commente Teoman Bakoglu, délégué général adjoint de la Fieec. La PPE fixe en effet l’objectif d’inverser la tendance actuelle et de passer à 60 % de consommation d’énergie décarbonée d’ici 2030 contre 60 % d’énergies fossiles aujourd’hui. La définition du plan d’électrification, suite opérationnelle de cette annonce, est attendue de pied ferme par les industriels.
Quatre chantiers sont prévus autour de ce plan d’électrification, tel qu’annoncé par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique le 12 février dernier. Ils concerneront l’industrie et le numérique, ainsi que le bâtiment et les transports. Des groupes de travail seront mis en place jusqu’en avril pour présenter le plan en mai prochain. Un premier groupe se réunira le 20 février autour de l’électrification de la logistique.
Une meilleure prise en compte de l’électricité dans la réglementation
Pour la Fieec, le gouvernement devra agir sur plusieurs points notamment fiscaux et réglementaires. Avec par exemple, la prise en compte de la consommation en énergie finale (exacte de chaque bâtiment) dans le secteur du BTP. Actuellement, quand un diagnostic de performance énergétique est réalisé, la consommation d’électricité est multipliée par 1,9 car on considère que pour utiliser 1 kilowattheure d’électricité il a fallu dépenser 1,9 kWh d’énergie primaire.
"C’est un facteur correcteur car on considère qu’une partie de l’électricité s’est évaporée mais au final, les logements électrifiés sont pénalisés par rapport aux logements carbonés, chauffés au fioul ou au gaz", explique Teoman Bakoglu.
Quant à la fiscalité, la Fieec invite à revoir l’accise, une taxe payée par tous les consommateurs d’électricité. D’un montant de 10,73 €/MWh pour le gaz naturel, le charbon ou encore le fioul, elle atteint 25,19 €/MWh pour l’électricité.
Favoriser les industries françaises et européennes
Les industriels de l’équipement électrique placent aussi le "made in France" au cœur de leurs préoccupations. "Nous avons la chance d’avoir une filière électrique très forte, de l’amont à l’aval avec EDF et d’autres acteurs et le reste de la chaîne de valeur comme Schneider electric, Legrand, Nexans, Rexel… qui sont des leaders mondiaux", rappelle Teoman Bakoglu.
Le délégué général adjoint de la Fieec prévient qu’en cas d’accélération de la production d’électricité, il sera nécessaire de "faire avec les capacités industrielles de nos acteurs français et européens". En évitant les importations de produits venus d’Asie. La Fieec sera en tout cas attentive à ce que ce plan d’électrification se réalise "avec les capacités de nos fleurons et PME, de notre tissu industriel", ajoute le délégué général adjoint de la Fédération.
Un enjeu que le gouvernement a déjà intégré à de précédentes politiques énergétiques. Dès le 1er septembre prochain, une partie des aides à l’achat d’une pompe à chaleur sera conditionnée à une préférence européenne.