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L’immobilier de bureaux devrait terminer 2025 en recul de 20 % à Rennes
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L’immobilier de bureaux devrait terminer 2025 en recul de 20 % à Rennes

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La demande placée de bureaux à Rennes devrait finir 2025 en baisse d’environ 20 % par rapport à 2024, à environ 85 000 m². L'indicateur, révélé par la société de conseil en immobilier CBRE Rennes, montre que les grandes opérations se font plus rares. L’offre dans l’ancien, en hausse, pose la question de sa requalification.

Parmi les chantiers qui ont démarré cette année, figure l’immeuble de Samsic, sur le quartier dynamique d’EuroRennes — Photo : Virginie Monvoisin

La demande placée de bureaux à Rennes est en chute libre. Après avoir remonté la pente en 2022-2023, retrouvant le niveau d’avant Covid (100 000 m² par an), la chute amorcée en 2024 se poursuit en 2025. Déjà en baisse de 15 % l’an dernier (avec 90 500 m² de bureaux transactés), les professionnels de l’immobilier prévoient une chute de 20 % cette année.

Projection à 85 000 m² de bureaux en demande placée fin 2025

"À l’image de l’ensemble du marché français, 2025 va être une année bis repetita, en recul donc, résume Ségolène Bianchi, directrice régionale de CBRE Rennes, entreprise spécialisée dans le conseil en immobilier d’entreprise (8 collaborateurs à Rennes, 22 à Nantes, sur les 140 000 que compte le réseau CBRE dans le monde). À la fin du 3e trimestre, nous avions enregistré 57 800 m² de bureaux placés contre 65 000 m² en 2024. C’est en dessous de la moyenne de ces cinq dernières années. Selon nos projections, nous devrions être à environ 85 000 m² fin 2025. Ce sont les projets des grands utilisateurs (qui cherchent plus de 1 000 m² ou plus de 5 000 m²) qui font surtout défaut." Le projet phare du siège de Samsic sur EuroRennes, qui a démarré cette année, permet notamment de limiter la casse, tout comme le programme de 21 000 m² porté par Lamotte sur ViaSilva.

Les petites et moyennes surfaces restent demandées

"Ce sont les petites et moyennes surfaces, de moins de 500 m², qui soutiennent le marché et montrent qu’il y a encore une dynamique économique", ajoute Ségolène Bianchi. Les PME s’intéressent aux quartiers où les services et transports sont très présents, et où les projets neufs permettent de choisir des locaux plus "verts". Ainsi, EuroRennes, La Courrouze et ViaSilva restent recherchées et dynamiques. En revanche, les immeubles anciens restent peu loués. L’offre est de 163 300 m² disponibles dans l’ancien. "Dans deux ans, le stock aura dépassé les 200 000 m², ce qui nous amène, nous, professionnels de l’immobilier d’entreprise, à participer à la réflexion sur l’avenir de ces bâtiments dont beaucoup sont obsolètes et non transformables."

Flottement attendu en 2026 et incertitude sur 2027

La baisse de la demande placée et la baisse de production dans le neuf entraînent donc un ralentissement du marché. Le contexte politique et géopolitique est évidemment en grande partie responsable de cette chute. "Pour 2026, année d’élections municipales qui sera suivie d’une année de présidentielle, il y aura sans doute encore du flottement", estime Ségolène Bianchi. Moins de livraisons de bureaux neufs sont à prévoir en 2026. "Deux immeubles seulement, à ViaSilva, calcule Ségolène Bianchi. Notre crainte est de ne plus pouvoir satisfaire la demande. Il faut continuer à produire bien et au bon endroit." Or, pour l’instant, aucun projet n’est dans les radars pour 2027…

Les investisseurs sont en effet plus que prudents, et aucun programme ne se lance sans avoir été commercialisé au moins pour moitié. Sur les neuf premiers mois de 2025, le volume des investissements atteint 53 millions d’euros, contre 91 millions en 2024. "Les dossiers qui se vendent le mieux sont ceux à moins de 10 millions d’euros, car les investisseurs cherchent aujourd’hui à diversifier leur portefeuille, mettant de l’argent dans la logistique ou le retail par exemple", constate Virginie Delourmel, responsable investissement CBRE Rennes.

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